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ID : 88046
Ajouté le : 2005-09-20 14:48
Mis à jour le : 2009-03-29 9:38
Refreshed: 2012-02-11 23:44

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Préface
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Sharon Harper

Du point de vue de la « recherche », la conjonction de la science, de la religion et du développement (SRD) constitue un énorme défi - quand il ne s’agirait que d’évaluer le champ des problèmes. Dans ce domaine, des recherches ont cours actuellement sur les sujets suivants : éthique globale et éthique universelle, éthique et développement, les réponses religieuses ou fondées sur la foi aux problèmes de protection de l’environnement, religion et développement, les efforts de développement qui se fondent sur des motifs religieux, problèmes de mondialisation et valeurs culturelles, les systèmes de croyances et les savoirs autochtones, les efforts pour créer un dialogue et une compréhension entre les religions, et les approches de la résolution des conflits qui sont religieuses ou fondées sur la foi. Le projet SRD du Centre de recherches pour le développement international (CRDI) constitue une modeste tentative de dénouer cet ensemble de questions, de problèmes et d’idées enrichissantes. Il s’agit d’un projet spécifiquement conçu pour un organisme dont les travaux de recherche sont orientés vers le développement, dans un souci de soutenir la recherche scientifique et les capacités de recherche sur un développement durable. En effet, pour le dire simplement, le projet SRD représentait une opportunité d’analyser ce que la religion et la science peuvent s’apporter réciproquement dans cette entreprise commencée il y a un demi-siècle que l’on appelle le développement.

L’une des forces de ce projet est le fait que compte tenu de l’étendue des questions abordées, il ne soit pas demandé aux gens de changer leur approche du développement, ni de réévaluer leurs compétences vis-à-vis des diverses disciplines en jeu, mais de préciser leur contribution dans leur discipline ainsi que le rôle que joue leur foi dans leur approche. Chaque intervenant écrivant selon son propre point de vue et ses propres compétences, nous présentons un ensemble éclectique de réflexions, mais nous espérons que ces réflexions permettront au lecteur de se rendre compte de la pertinence de ces questions à travers divers écrits scientifiques ou exposés sur le développement, et d’apprécier la richesse des méthodes et des résultats. Le projet met en lumière le fait que les principes d’une religion organisée ou d’une foi individuelle ne sont pas nécessairement répressifs ni propres à créer des divisions (même si, à l’instar des idéologies intellectuelles ou politiques, ils peuvent être réquisitionnés dans un tel but), et que dans le cadre d’un objectif scientifique, une croyance peut être un puissant facteur de motivation et s’avérer incroyablement fructueuse. De manière générale, les auteurs insistent sur le fait que c’est leur foi qui leur a permis de comprendre profondément la manière dont les choses sont liées, de connaître la compassion et donc d’avoir sur leurs recherches un point de vue plus large, de sorte que le champ d’application de leurs travaux englobe les effets de ces recherches sur autrui, sur leur communauté, sur l’écosystème, sur les minorités et sur les groupes marginalisés, et en fin de compte sur le monde.

Une autre force du projet SRD tient aux personnes impliquées. Ce projet a réuni un noyau de personnes qui en elles-mêmes rassemblent diverses disciplines et divers modes de pensée. Par ailleurs, ce noyau est constitué, sans exception, de gens capables d’envisager une autre façon de faire les choses, possédant le courage de se démarquer des manières de penser conventionnelles, et capables de remettre en cause leur propre vision du monde lorsqu’ils se trouvent confrontés à d’autres systèmes de croyance. Leur franchise à propos de leur foi est également exceptionnelle, si l’on sait à quel point la communauté savante est peu habituée à s’interroger sur des questions de croyance et de révélation. Les réflexions que l’on peut trouver dans ces textes n’auraient pas été possibles sans ces personnes, qui ont choisi d’écrire de façon personnelle sur leur foi et leur science, et c’est au niveau individuel que l’on peut appréhender le plus concrètement, et de la manière la plus éclatante, ce que ces disciplines ont de commun. Cette remarque vaut pour tous ceux qui ont pris part au projet SRD, aussi bien au sein du CRDI qu’à l’extérieur : Pierre Beemans, Chris Smart, William F. Ryan, S.J., et Kathleen Clancy. Il convient de les remercier abondamment pour leur assistance, leur soutien, leurs sages conseils et pour le travail intensif qu’ils ont fourni. Chris Smart mérite d’être particulièrement remercié pour l’énergie créative ayant abouti à ce titre parfait qui incite tant de lecteurs à lire cet ouvrage.

Dans ce projet, une question récurrente était celle de savoir s’il revenait au CRDI, un organisme de recherches orientée vers le développement, d’entreprendre ce type de recherche. De par les conflits d’ordre religieux et les ambiguïtés de certaines fois et de certaines formes de spiritualité, certains ne se sentent pas à l’aise avec ce genre d’orientation et de méthodologie. Cependant, les efforts récents de la Banque Mondiale pour ouvrir un dialogue entre les représentants de neuf confessions mondialement répandues sur les problèmes de pauvreté ont constitué un encouragement déterminant pour les participants au projet SRD. Par ailleurs, ce projet a permis de faire entendre une multitude de voix à travers une littérature en expansion rapide, à travers les travaux de nouvelles organisations non gouvernementales dynamiques et à travers des lettres et des courriers électroniques (provenant d’habitants des pays du Nord comme des pays du Sud) qui nous disaient que ces questions en développement méritaient d’être prises en compte dans notre recherche. Dans quelle mesure cette recherche s’imposaitelle ? Allait-elle faire la lumière - vraiment, on pouvait se le demander - sur les valeurs tenues pour acquises sur lesquelles reposent les hypothèses économiques et scientifiques de l’occident, lors d’une tentative d’évaluation des idées et des raisonnements des autres cultures et des autres conceptions du monde ? Pouvait-elle analyser les potentialités d’une nouvelle symbiose entre science et religion pour repenser la question du « bien-être humain » et résoudre les dilemmes du développement ? La religion et la foi représentent d’autres systèmes de valeurs - certains se recoupent, d’autres sont nouveaux - et donc des idées et des approches différentes des problèmes pernicieux de pauvreté, d’épidémie, de conflits et de marginalisation sociale.

Je m’estime particulièrement chanceuse d’avoir pu participer à ce projet et rencontrer les personnes qu’il a rassemblées. Avec un background dans le journalisme, le droit, les droits de l’homme et la théologie, je me suis souvent demandée où je pourrais trouver un emploi qui me permettrait d’approfondir les problèmes et les compétences auxquelles je m’étais familiarisée à diverses étapes de ma scolarité et de mes études. Le projet SRD a permis de faire le point sur ces domaines de connaissance d’une manière significative, et j’ai pu voir comment des personnes avisées et attentives (profanes ou religieuses) et des organisations caritatives et engagées (là encore, profanes ou religieuses) consacrent le meilleur d’elles-mêmes aux défis que représente la création d’un monde de compassion, de justice, de paix, et qui soit durable.







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