![]() |
|
| English - Español |
|
|
L’emploi d’indicateurs visant à jauger le progrès humain est commun et leur utilité admise par tous. Le produit intérieur brut (PIB) et l’indice des indicateurs économiques avancés sont deux des exemples les mieux connus. Mais la plupart des indicateurs cités se concentrent exclusivement sur l’activité économique et même les plus évolués d’entre eux ne rendent pas compte de certains aspects déterminants de la durabilité. Le bien-être des nations : Indice par pays de la qualité de vie et de l'environnement comble ces lacunes en étendant son analyse à 180 pays qui appliquent l’Évaluation du bien-être. Cette méthode unique conjugue les indicateurs du bien-être humain se rapportant à la santé, à la population et à la richesse collective avec ceux de la durabilité environnementale, tels que la qualité de l’eau, la biodiversité et la consommation d’énergie pour brosser un tableau plus proche de la réalité de notre monde. Le lancement du Le bien-être des nations a eu lieu le 11 octobre 2001, au Woodrow Wilson International Center for Scholars de Washington, DC. Sheila Riordon s’est entretenue récemment avec Robert Prescott-Allen, auteur de l’ouvrage. De quoi traite Le bien-être des nations et qu’est-ce qui vous a motivé à l’écrire ? Le bien-être des nations considère le développement durable sous un angle nouveau, qui est celui de son achèvement et de sa mesure. Trois raisons principales m’ont incité à l’écrire. C’était, tout d’abord, la meilleure façon d’alerter un vaste public sur la nécessité d’atteindre des niveaux élevés de bien-être humain et de durabilité de l’écosystème. Il était opportun, en deuxième lieu, de démontrer la valeur concrète et la pertinence des outils mis au point pour une telle mesure du bien-être et de la durabilité. Troisièmement, il convenait d’inciter les nations et les collectivités à entreprendre leurs propres évaluations du bien-être humain et écosystémique. (Lisez en plus afin de mieux connaître les outils qui composent l’évaluation du bien-être et les procédés d’élaboration de la méthode.) Les quatre indices qui forment l’Évaluation du bien-être viennent compléter opportunément les indicateurs employés couramment pour mesurer le bien-être national, dans le prolongement d’indices précurseurs comme celui du développement humain et l’empreinte écologique. Pensez-vous qu’un jour l’Évaluation du bien-être parviendra à égaler le PIB comme mesure universelle en regard de laquelle il sera possible d’évaluer nos progrès et ceux de nos sociétés ? Je doute qu’on puisse supplanter le PIB. Mais je crois qu’on peut et qu’on devrait le retenir uniquement comme mesure de l’économie de marché et non en tant qu’appréciation de la condition générale de la société. J’espère que l’indice du bien-être humain deviendra la mesure générale des conditions sociétales, l’indice de santé de l’écosystème celle de l’état de l’environnement et l’indice du bien-être une mesure composée des deux. La quatrième mesure, l’indice bien-être/stress — c.-à-d. le bien-être humain mesuré par rapport au degré d’agression environnementale — est un outil de gestion tout aussi important car il mesure le degré d’efficacité de nos efforts de développement du point de vue de leur impact sur l’environnement. Aucun de ces indices n’est parfait mais si les quatre pouvaient trouver une application tout aussi étendue et avoir l’audience dont bénéficie le PIB, cela serait formidable. N’assistons-nous pas à la nécessité d’un changement de paradigme et pensez-vous que ceux qui détiennent les leviers du paradigme culturel actuel — et nous-mêmes en tant qu’individus et collectivement en tant que société — soyons prêts à faire les changements qui s’imposent ? Sous les auspices les plus favorables, nous nous appliquons à promouvoir le bien-être humain. Il nous arrive, à l’occasion, de rechercher la santé de l’écosystème. Nous n’avons jamais essayé d’agir sur les deux fronts en même temps. J’hésite à utiliser des expressions comme « changement de paradigme » qui sont quelque peu galvaudées mais la mutation sera assurément profonde si nous nous efforcerons d’achever simultanément le bien-être humain et celui de l’écosystème. Pour répondre à la deuxième partie de votre question, je ne sais pas honnêtement si les individus et les sociétés sont disposés à apporter les changements nécessaires mais l’approche du bien-être confère au moins l’avantage d’entrevoir le champ du possible. Quelles ont été les constatations les plus inattendues et surprenantes de votre recherche ? Le ratio bien-être/stress a donné lieu à la plus grande surprise. Il a permis de constater que les pays qui jouissent du même niveau de vie — tels que l’Autriche et la Belgique, ou bien l’Indonésie et la Chine ou le Brésil et le Mexique — peuvent se situer à des niveaux très différents au plan des impacts sur l’environnement. Le fait que le bien-être humain ne soit pas directement associé à l’agression environnementale est un facteur d’espoir. Le fait qu’aucun pays n’a sciemment tenté d’achever un niveau élevé de bien-être humain conjugué à un faible niveau de stress écosystémique, nous fait croire que si nous devions y tendre de façon délibérée et persévérante, nous aurions des chances réelles de l’atteindre. De quelle manière les attaques terroristes du 11 septembre sur les cibles américaines ont-elles une relation avec les conclusions de votre recherche où la violence est justement un des facteurs qui entrent en jeu dans l’indicateur du bien-être humain ? Les atrocités du 11 septembre ont rappelé de façon dramatique qu’aucun pays ne peut se dissocier du reste du monde. Le bien-être d’une nation s’entrelace avec celui des autres. Les attaques confirment également le danger d’un programme d’action enfermé sur lui-même. Le président des États-Unis, George W. Bush, a désigné les atrocités d’attaque à la liberté. Dans un sens plus large encore, elles ont constitué une attaque au bien-être. Afin d’atteindre un niveau élevé de bien-être, toutes les nations doivent poursuivre un plan beaucoup plus étendu que celui dont elles se sont dotées à ce jour car aucune dimension du bien-être ne peut être ignorée. La richesse, la liberté, la paix, la justice et un environnement diversifié, sain et productif s’imbriquent et se renforcent mutuellement. Tout aspect doit être recherché avec un égal engagement. À qui est destiné votre ouvrage et quelle incidence pensez-vous qu’il aura ? Une des fonctions du livre est d’être un outil didactique — à l’usage des étudiants qui se spécialisent en politiques publiques, sciences de l’environnement, relations internationales, gestion des ressources — et un ouvrage apte à stimuler toutes sortes d’idées au sujet de la durabilité et les voies et moyens permettant de mesurer des réalités complexes. Mais mon ambition initiale visait des applications plus larges encore : je souhaitais influencer, par-delà l’Université, les milieux où sont prises les décisions qui affectent l’existence des citoyens d’un pays. Par conséquent, j’espère que le livre influera sur les dirigeants politiques, leurs conseillers, les militants des organisations non gouvernementales et les professionnels du développement et des politiques de l’environnement en les engageant à faire du bien-être humain et écosystémique un objectif national. Un pas fondamental dans cette direction serait l’élaboration périodique d’évaluations du bien-être entreprises à l’échelle nationale afin de mobiliser le soutien en vue de l’atteinte d’un tel but, d’analyser les façon de le réaliser et de suivre les progrès accomplis. Sheila Riordon est une rédactrice résidant au Québec. L'auteur Robert Prescott-Allen est un consultant en développement durable établi à Victoria, au Canada. Il est membre de l’équipe internationale d’évaluation de l’IUCN et du groupe d’experts chargé d’étudier les indicateurs du développement durable pour la Commission du développement durable de l’ONU. L'ouvrage Le bien-être des nations, par Robert Prescott-Allen, est copublié par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) et les Éditions Eska, avec l'aide de l'Union mondiale pour la nature (IUCN) et du International Institute for Environment and Development (IIED). par Sheila Riordon
2001-10-12 |
|||||||||||||
| guest (Lire)heure de l'Est (É.-U. et Canada) DST Login | Accueil|Carrières|Droits d'auteurs et usage|Informations générales|Nous rejoindre|Basse vitesse |