Centre de recherches pour le développement international (CRDI) Canada     
Archives Web > Publications du CRDI > Archives > Explore > Archives >
 Explorateur  
Explore
     À propos d'Explore
    Archives
        Archive d'événements

40e anniversaire du CRDI

Abonner

Livres gratuits en ligne

Livres gratuits en ligne
 Personnes
Lisa Waldick

ID : 5062
Ajouté le : 2002-07-03 11:59
Mis à jour le : 2004-06-28 8:35
Refreshed: 2012-02-11 20:51

Cliquez ici pour obtenir le URL du fichier en format RSS Fichier en format RSS


Préc. Nouvelle(s) 370 de 431 Suivant

La gestion des ressources dans la Réserve de la biosphère maya


S'abonner au Bulletin du CRDI


258_full.jpg
1998-07-03
Kevin Conway

[Légende : La récolte du chiclé, latex utilisé dans la fabrication de la gomme à mâcher.]

La théorie est simple : si vous aidez les gens à s'assurer un gagne-pain stable par l'utilisation durable de leurs ressources locales et leur offrez de sérieux stimulants économiques, ils protégeront leur environnement et préserveront la biodiversité locale. Cette hypothèse a été mise à l'épreuve dans la plus grande zone protégée d'Amérique centrale, la Réserve de la biosphère maya.

Créée en 1990 par le gouvernement du Guatemala, la Réserve couvre 1,5 million d'hectares de forêts tropicales dans les basses terres de Péten, le département le plus vaste et le plus au nord du pays. Elle protège les marais d'eau douce les plus importants d'Amérique centrale, connus sous le nom de Laguna del Tigre, et abrite plusieurs espèces d'oiseaux rares comme l'ara rouge ou d'autres espèces fauniques menacées d'extinction. Des centaines de sites archéologiques, vestiges de la grandeur de la civilisation maya, sont les témoins silencieux de l'extraordinaire intérêt culturel de la région.

ProPéten, unité locale de l'agence Conservation International (CI), basée à Washington, est le fer de lance de cette expérience en développement durable. Selon son directeur, Carlos Soza Manzanero, le profil démographique et le régime foncier du Guatemala exercent une pression énorme sur la Réserve. Onze millions de personnes vivotent dans un pays grand comme Terre-Neuve : elles n'ont pas accès aux terres productives dont reste maître une minorité petite mais puissante.

La ruée vers les terres

La stabilité et l'ordre relatifs amenés par l'Accord de paix de 1996, qui mettait fin à près de 35 ans de conflits armés sanglants, ont donné lieu à une véritable ruée vers les terres. Nombre de Guatémaltèques estiment que l'Accord les autorise à s'établir sur une terre inhabitée, y compris dans les zones protégées. Ainsi, chaque année, des milliers de nouveaux migrants et de réfugiés rapatriés quittent les hautes terres surpeuplées du Guatemala pour s'installer à Péten, leur nouvel espoir. Les interventions forestières illégales, l'exploration pétrolière et la prospection de gaz, qui se poursuivent au sein de la Réserve, pèsent lourdement sur les ressources de Péten.

Même si le pays a un urgent besoin de terres agricoles et de ressources plus abondantes, le Guatemala a décidé de mettre de côté 19 % de ses terres (50 % des forêts existantes) pour les léguer aux générations futures et en faire don à la planète. L'expérience sera-t-elle concluante ?

Carmelita

Il est encore trop tôt pour le savoir. Les photographies par satellite qui ont été prises au cours des dernières années par l'Université du Maine montrent que la forêt recule et que le sol s'érode. Pourtant, Soza peut signaler plusieurs succès d'importance tels que Carmelita, une communauté de travailleurs forestiers située au coeur de la Réserve.

Le village est formé de 75 familles, dit Soza. Le 14 novembre [1997], elles ont signé un accord selon lequel le gouvernement leur donnait une parcelle de forêt. L'accord stipule que les villageois ne sont pas propriétaires des terres, mais ont le droit d'en utiliser les ressources. Qui plus est, poursuit-il, Carmelita s'est dotée d'un plan de gestion de la zone. Élaboré en collaboration avec la collectivité et avalisé par les sylviculteurs, les biologistes et d'autres experts techniques, le plan s'étend sur 25 ans et il est renouvelable. S'il n'engendre pas de problèmes politiques, ce qui est fréquent au Guatemala, sa pérennité est assurée.

Une concession novatrice

Avec l'aide du CRDI, ProPéten et les habitants de Carmelita ont déterminé la superficie à laquelle la collectivité avait accès depuis toujours : une concession de 54 000 hectares ainsi que le précise l'accord du 14 novembre. D'après Soza, il s'agit de la plus vaste concession d'Amérique latine et une des plus novatrices car elle protège à la fois l'avoir forestier et les autres ressources de la forêt.

Le plan de gestion de la concession définit où et comment se fera l'exploitation des ressources. Ainsi, certaines zones ont été identifiées pour l'exploitation de ressources renouvelables traditionnelles comme le chiclé, latex qui entre dans la fabrication de la gomme à mâcher; le xaté, fougère ornementale dont l'usage pour les couronnes funéraires est très répandu dans le Sud-Est des États-Unis; et la pimienta gorda ou piment de la Jamaïque, communément appelé toute-épice. L'exploitation forestière est permise, mais les membres de la collectivité doivent respecter le programme de récolte sélective qui autorise l'exploitation de 400 acres par an sur une parcelle de leur concession totalisant 8 000 hectares. Le plan de gestion détermine aussi les habitats vitaux qui doivent demeurer à l'état sauvage.

Des pionniers de fraîche date

Le plan n'est pas parfait, mais nous allons l'améliorer, affirme Soza. Pour nous, c'est ça la durabilité; c'est ce qu'on essaie de faire dans d'autres collectivités, comme El Cruce a dos Aguadas. Contrairement aux travailleurs forestiers de Carmelita, installés dans la région depuis près de 100 ans, les habitants d'El Cruce sont des colons depuis relativement peu de temps puisqu'ils ont quitté les hautes terres du Guatemala vers la fin des années 1970. Ils ont importé la culture sur brûlis peu appropriée au climat et aux sols de la région. Les tentatives de réinstallation des nouveaux arrivants se sont heurtées à une forte opposition. El Cruce a refusé l'entrée aux membres de la collectivité et mis le feu aux bureaux locaux du CONAP (Conseil national pour les zones protégées du Guatemala), explique-t-il.

Plutôt que de recourir à la force, le gouvernement a fait appel à ProPéten. L'accord conclu par les deux parties à l'issue des négociations est fort différent de celui qui a été signé par les habitants de Carmelita et atteste de la dissemblance de leurs moyens d'existence. Par exemple, les sylviculteurs de Carmelita détiennent des droits collectifs sur les ressources de leur concession alors qu'à El Cruce, les fermiers ont des droits individuels sur chaque parcelle de terre concédée.

Un cadre législatif particulier

Le conseiller juridique de ProPéten, Mario Manzilla, souligne que chaque accord a un cadre législatif particulier. Celui d'El Cruce prévoit la création d'unidades de manejo comunitario (unités de gestion communautaires). Le plan de gestion appuie l'agriculture et l'élevage des animaux de ferme. Il limite les dimensions des établissements, précise et limite les superficies cultivables, et désigne clairement les zones de conservation devant servir de points de passage de la faune.

Fort de ces succès, ProPéten compte mettre sa théorie à l'essai ailleurs qu'au Guatemala. La Réserve de la biosphère maya fait partie de la Selva Maya, vaste forêt ombrophile qui s'étend jusqu'au Bélize et au Mexique. Des discussions sur l'élaboration d'un plan de conservation concertée auquel participeraient les trois pays voisins sont en cours.

Kevin Conway est rédacteur en chef au CRDI. (Photo : K. Conway)


Renseignements :

Chusa Gines, agent de programme, Centre de recherches pour le développement international (CRDI), 250, rue Albert, BP 8500, Ottawa (Ontario) Canada K1G 3H9; tél. : (613) 236-6163, poste 2562; télec. : (613) 567-7749; courriel : cgines@idrc.ca

Carlos Soza Manzanero, Directeur, ProPéten/Conservation International, Flores, Péten, Guatemala; tél. : (502) 926-1370; télec. : (502) 926-0495; courriel : csoza@guate.net ou propeten@guate.net


Des liens à explorer...

Encadré : Des ententes sur l'utilisation des terres.

Encadré : Une conversion exemplaire.

Éducation et conservation à la Réserve de la biosphère maya, par Beth Rohr.

Iwokrama : Un don à l'humanité, par Claudette Earle.

Le programme de la forêt modèle Calakmul et la protection des forêts tropicales, par Michael Boulet.

Protection de l'environnement et développement économique au Mexique, par Louise Guénette.


Le CRDI Explore dans votre courrier ?

Le CRDI Explore est également disponible par courrier électronique. Pour recevoir chaque semaine le plus récent article, envoyez un message à listproc@internet.idrc.ca et inscrivez dans le corps du message SUBSCRIBE EXPLORE-DL PRÉNOM NOM. Bonne lecture !



Haut de la page

Préc. Nouvelle(s) 370 de 431 Suivant



   guest (Lire)heure de l'Est (É.-U. et Canada)   Login Accueil|Carrières|Droits d'auteurs et usage|Informations générales|Nous rejoindre|Basse vitesse