ID : 34502
Ajouté le : 2003-07-25 8:51
Mis à jour le : 2006-03-01 12:44
Refreshed: 2012-02-11 20:12
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| Les faits essentiels sur l'eau douce |

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L'état des réserves en eau douce de la planète Les eaux recouvrent 71% de la surface de la Terre, mais l'eau douce qui n'est pas sous forme de glace n'en représente qu'une fraction. La moitié des réserves en eau douce de notre planète se trouve en Amérique du Sud et près du quart, en Asie. Le reste est utilisé par les habitants de l'Amérique centrale et du Nord, de l'Europe, de l'Australie, de l'Afrique et du Moyen-Orient.
L'essentiel de notre consommation en eau va à l'agriculture. En effet, l'irrigation engloutit les deux tiers de tout ce que nous consommons. Les activités économiques et notamment industrielles en absorbent moins du tiers. Le reste va à des utilisations ménagères courantes qui n'exigent pas une grande qualité, comme l'arrosage des pelouses et les chasses d'eau des toilettes. Hommes et femmes consomment l'eau différemment. Les premiers tendent à utiliser l'eau pour l'irrigation et d'autres entreprises, tandis que les secondes l'utilisent plutôt à des fins ménagères.
L'eau est souvent distribuée inéquitablement entre les classes sociales, les sexes, et même entre les groupes ethniques. Pire encore, en général les pauvres paient l'eau plus cher que les riches.
Toutes les meilleures sources d'eau, les moins chères aussi, sont maintenant utilisées. Dans certaines régions, la limite est pratiquement atteinte. Ainsi, au Moyen-Orient, 58% de l'eau douce facilement accessible est puisée. En Europe de l'Est, on parle de 41%.
D'autres stratégies pour accroître l'approvisionnement en eau douce, comme le dessalement de l'eau de mer ou l'acheminement de grands volumes par pipeline ou par la mer, sont réalisables sur le plan technique, mais elles sont compliquées et chères, et les coûts politiques et écologiques en seraient probablement immenses.
La qualité de l'eau est tout aussi vitale qu'un approvisionnement suffisant pour un nombre toujours croissant de personnes. Déjà, plus d'un milliard de personnes n'ont pas accès à de l'eau potable et trois milliards ne peuvent bénéficier de simples réseaux d'assainissement.
Solutions pour l'avenir
La solution la moins chère et la plus efficace pour augmenter les réserves d'eau douce consiste à en gérer la demande, autrement dit, à réduire les gaspillages et à faire de l'eau un usage plus efficient.
Les méthodes passées qui privilégiaient des projets à grande échelle nécessitant de grands investissements permettaient d'approvisionner en eau de nombreux foyers et exploitations agricoles, mais la plupart n'ont pas tenu leur promesse initiale.
Il ressort de 30 années de recherche appliquée financée par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) qu'il faut miser davantage sur la gestion communautaire ou locale de l'eau pour réduire la demande en eau et soulager la pauvreté. Dans le monde entier, l'expérience montre que :
Des ressources en eau limitées sont utilisées de façon plus durables si elles sont gérées à l'échelle locale. La gestion locale donne un pouvoir aux gens, notamment aux pauvres et aux populations défavorisées. La gestion locale cherche généralement des solutions plus traditionnelles que nouvelles. Les réseaux hydrographiques locaux doivent être gérés en faisant participer les décideurs tout en tenant compte de la gestion du bassin dans son ensemble. La gestion locale donne de meilleurs résultats si les décideurs tirent les enseignements de la recherche menée sur le terrain et en tiennent compte.
Parmi les méthodes de gestion locale de l'eau qui se sont avérées efficaces, citons :
L'approvisionnement en eau à petite échelle, comme la collecte des eaux de pluie; Le traitement des eaux usées et la réutilisation afin d'améliorer l'assainissement et fournir une eau de qualité acceptable pour l'irrigation; L'analyse de la qualité de l'eau à l'échelle communautaire permet aux collectivités rurales isolées de surveiller leur approvisionnement en eau potable; La gestion du bassin hydrographique et l'irrigation permettent d'améliorer la productivité des sols et de réduire le gaspillage considérable dû à l'irrigation.
Leçons de trois décennies d'expérience
Il faut s'attendre au pire lorsque l'on gère les nappes d'eau souterraines et l'aquifère, car les taux de pompage et les niveaux de pollution sont presque toujours nettement sous-estimés.
De petites innovations peuvent produire des résultats étonnamment positifs. Cependant, les décideurs ne tiennent pas compte très souvent des petits groupes et des solutions simples.
Les facteurs socio-économiques comptent pour beaucoup dans la gestion locale de l'eau. Afin de garantir le succès des programmes de gestion locale de l'eau, les chercheurs et les décideurs doivent comprendre ces facteurs.
La rareté oblige à des compromis. Pour décider équitablement du partage, quand et combien, il faut pouvoir réunir des données et les évaluer, en débattre, mettre en oeuvre les politiques et rendre des comptes aux membres de la collectivité. Il faut renforcer cette « capacité institutionnelle » pour la gestion locale de l'eau et pour d'autres décisions en ce qui a trait à la gestion durable des ressources.
Les pratiques traditionnelles ne changeront que lorsque les gens comprendront l'intérêt du changement. La population locale doit être convaincue de la nécessité du changement. Des solutions acceptables sur le plan social et culturel, qui respectent les traditions locales, doivent être trouvées.
Tenter d'adapter à l'échelle d'un village ou d'un quartier une solution qui fonctionne pour une maison favorise les nantis parce que cette solution exige des capitaux et de grandes surfaces de terre. En ne tenant pas compte de ces inégalités, on risque de faire empirer une situation déjà difficile à vivre pour les pauvres et les populations défavorisées.

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