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Danielle Cantin

ID : 146822
Ajouté le : 2009-09-29 15:58
Mis à jour le : 2009-10-15 15:09
Refreshed: 2012-02-11 09:13

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Principes directeurs de l’OMS relatifs à l’utilisation sans risque des eaux usées : constats sur le terrain
Préc. Nouvelle(s) 7 de 16 Suivant
Semaine mondiale de l’eau à Stockholm, le dimanche 16 août 2009 – salle K16/17
 
La séance « The WHO Wastewater Guidelines: A Reality Check on the Ground » avait pour objectifs de faire l’état des lieux en ce qui concerne l’utilisation sans risque des eaux usées en agriculture et en aquaculture, de discuter des questions émergentes et, tout particulièrement, d’évaluer l’incidence sur le terrain des principes directeurs de l’OMS et de déterminer comment renforcer cette incidence. La séance comportait cinq exposés (trois exposés conceptuels et deux études de cas), suivis d’un débat d’experts. Environ 35 personnes (quoique pas toujours les mêmes) étaient présentes.
 
Il en est ressorti que les eaux usées serviront de plus en plus à l’irrigation et que l’utilisation sans risque de ces eaux posera un défi de plus en plus grand au cours des années à venir, puisque deux grands facteurs (la pollution de l’eau, qui entraîne une utilisation non planifiée, et la rareté de l’eau, qui entraîne une utilisation planifiée) vont tous deux en s’intensifiant. Actuellement, l’utilisation non planifiée d’eaux usées non traitées et l’utilisation surtout planifiée d’eaux usées traitées se font dans un rapport de 10 : 1. L’utilisation d’eaux très polluées a lieu majoritairement en Chine.
 
L’édition 2006 – la troisième – des principes directeurs de l’OMS relatifs à l’utilisation sans risque des eaux usées, des excrétas et des eaux grises en agriculture et en aquaculture tient compte de cette réalité et comporte un changement de perspective : on ne préconise plus des normes de qualité de l’eau inatteignables dans la plupart des pays à faible revenu (comme c’était le cas dans la deuxième édition), mais plutôt l’atteinte de normes sanitaires au moyen d’un processus progressif d’appréciation et de gestion des risques tout au long de la « chaîne » qui s’étend de la production des eaux usées à la consommation des aliments. Les pays où les conditions d’assainissement sont les moins bonnes disposent ainsi de beaucoup plus de possibilités qu’avant en matière de gestion des risques pour la santé. Les nouveaux principes directeurs reconnaissent par ailleurs que les eaux usées constituent un bien économique, à la fois comme ressource hydrique et comme source de nutriments.
 
Ce changement de perspective a lancé le débat sur la capacité des pays de s’adonner à l’appréciation et à la gestion des risques de façon systématique. Cet aspect a eu une incidence sur le taux d’adoption des principes directeurs, que l’on estime plus faible que prévu. En même temps, on est conscient de ce que les cadres réglementaires nationaux en vigueur sont fondés sur des politiques établies en fonction de la deuxième édition, et qu’il faudra un certain temps pour les adapter. Il n’en reste pas moins que l’on a l’impression que l’approche préconisée dans la nouvelle édition est complexe et théorique, et qu’elle exige énormément de données de même qu’une compréhension approfondie de nouveaux outils et de nouvelles méthodes.
 
En outre, le fait de mettre l’accent sur des objectifs sanitaires relativement à la consommation d’aliments irrigués avec des eaux usées suppose d’accorder moins d’attention à la qualité environnementale de l’eau et aux différentes utilisations (notamment l’irrigation), sauf dans les pays où l’on est de plus en plus sensibilisés au traitement des eaux usées et où cette pratique est de plus en plus répandue. Le défi consiste donc à trouver une façon d’intégrer aux principes directeurs les aspects environnementaux, afin de tenir compte des contextes où les eaux usées ne peuvent être traitées au rythme où elles sont produites.
 
On a suggéré que la formulation de plans de gestion préventive du risque sanitaire en matière d’utilisation des eaux usées ou d’assainissement pourrait constituer un moyen de s’attaquer à ces deux problèmes, à savoir la nécessité de renforcer les capacités et celle de conjuguer, à la question de la santé, les questions plus vastes que sont les aspects environnementaux et l’utilisation. Ces plans pourraient être semblables aux plans de gestion préventive du risque sanitaire dans le domaine de l’eau (Water Safety Plans) de plus en plus adoptés afin de mettre en oeuvre les principes directeurs de l’OMS relatifs à la qualité de l’eau potable.
 
On a convenu de la nécessité de produire d’autres notes techniques pour accompagner l’édition 2006, afin que les pays soient mieux à même de comprendre les principes directeurs, qu’elles que soient leurs conditions d’assainissement. Des mises à jour de la trousse d’information préparée après la sortie des principes directeurs pourraient être publiées régulièrement. On pourrait également aborder davantage les aspects économiques et mieux décrire comment a) favoriser un changement de paradigme, à savoir passer du « traitement en vue de l’élimination » au « traitement en vue de la réutilisation » et b) favoriser l’adoption de pratiques d’irrigation plus sûres et d’autres options pour l’utilisation des eaux traitées non assorties d’incitatifs commerciaux. Ici, les principes directeurs pourraient s’inspirer des travaux de marketing social de la campagne Water, Sanitation and Hygiene (WASH).
 
En résumé, voici les points saillants issus des discussions.
 
1)     Nécessité d’apporter régulièrement des mises à jour et des révisions, et de communiquer celles-ci sur le Web ou en produisant de nouvelles éditions de la trousse d’information.
2)     Nécessité de produire un cinquième volume des principes directeurs, portant sur la normalisation et l’harmonisation des méthodes d’analyse, question à laquelle donnera suite l’OMS; à cet égard, Blanca Jímenez a fait mention d’une nouvelle initiative de coopération entre le Brésil, le Mexique et l’Afrique du Sud.
3)     Plutôt que de formuler des plans de gestion préventive du risque sanitaire en matière d’utilisation des eaux usées, le groupe a suggéré d’envisager l’élaboration de plans de gestion préventive du risque sanitaire en matière d’assainissement fondés sur une large interprétation de la notion d’assainissement, ce qui permettrait de prendre en compte les aspects environnementaux de manière appropriée.
4)     Nécessité d’élaborer une formation ciblée sur certaines des méthodes techniques complexes proposées dans les principes directeurs, par exemple l’évaluation quantitative du risque microbien (QMRA).
5)     Les aspects économiques sont un facteur clé, et davantage de recherche s’impose pour clarifier ceux qui sont associés à l’utilisation des eaux usées et à la consommation de légumes et de poissons produits au moyen d’eaux usées.
 
Robert Bos, OMS
Pay Drechsel, IWMI
Sarantuyaa Zandaryaa, UNESCO
 
[traduction]


http://www.who.int/water_sanitation_health/wastewater/en/
R.Bos, WHO, P. Drechsel, IWMI, S. Zandaryaa, UNESCO

2009-09-29

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