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Randy Spence et Matthew Smith VERSION PRÉLIMINAIRE 28 avril 2009 SommaireEn septembre 2003, le CRDI a organisé à l’Université Harvard un dialogue sur les TIC et la pauvreté (http://web.idrc.ca/ev_fr.php?ID=46261_201&ID2=DO_TOPIC). Le présent document vise à mettre en contexte un deuxième forum intitulé Dialogue sur le rôle des TIC dans le développement humain, la croissance économique et la réduction de la pauvreté, qui se tiendra à Harvard en septembre 2009. Six ans après le premier colloque, la situation a bien changé. Les tendances observées dans le cadre du forum de Harvard et partout ailleurs ont progressé, à un rythme accéléré dans bon nombre de cas. La réglementation et les politiques en matière de TIC se sont améliorées dans de nombreux pays, souvent grâce aux efforts investis dans la recherche et la promotion. L’accessibilité et l’utilisation des téléphones cellulaires ont connu une croissance phénoménale dans toutes les régions du globe, tandis que des initiatives privées et à but non lucratif desservent le bas de la pyramide, caractérisé par des modèles d’entreprise à très faible marge et à volume élevé. Dans les pays pauvres comme dans les pays riches, l’utilisation du téléphone cellulaire a favorisé l’expansion des marchés, des entreprises sociales et des services publics. Toute une gamme de services économiques facilités par la téléphonie cellulaire a vu le jour, notamment dans les domaines des transactions bancaires et financières, du marketing et de la distribution, des services d’emplois, des services personnels et des services publics[1]. Outre les répercussions économiques, des améliorations se font sentir sur le plan des libertés et du bien-être, plus particulièrement en ce qui concerne la sécurité personnelle, la participation politique et la redevabilité, la paix, la dignité et la création d’occasions. La communication et le réseautage rendus possibles grâce aux technologies de l’information et de la communication (TIC) ont transformé le paysage économique, social et politique à bien d’autres égards. Leur rôle en matière d’ouverture sur le monde et d’innovation est indéniable. À l’échelle internationale, la diffusion et l’adoption massives des TIC ont joué un rôle fondamental dans la mondialisation, poussant les sociétés à établir des systèmes de communication et à en assurer efficacement la gestion, à se doter d’une infrastructure et de capacités d’exploitation, ainsi qu’à mettre en oeuvre des politiques et des règlements pertinents. Dans des circonstances favorables, les entreprises aussi bien que les organismes à but non lucratif se sont avérés particulièrement efficaces quant au déploiement de la connectivité et des services. Les transformations résultant de l’essor des communications ne sont toutefois pas sans conséquence négative; pensons notamment à la propagation de la violence au moyen des téléphones cellulaires, à la cybercriminalité et au terrorisme, ainsi qu’à notre dépendance à l’égard des communications. Qui plus est, tant à l’échelle nationale qu’internationale, la question du contrôle des communications est régulièrement contestée, tout comme l’ouverture fait l’objet de débats sans fin. Il n’en demeure pas moins qu’Internet sans fil – y compris les téléphones intelligents et les services de données – est aujourd’hui accessible à faible coût dans les pays riches, un phénomène qui pourrait devenir quasi universel avec la prochaine génération. La recherche et le développement ainsi que les connaissances sont beaucoup plus répandus aujourd’hui qu’il y a six ans, tant du point de vue de la pensée conceptuelle sur le pouvoir transformateur de l’essor des communications que des connaissances empiriques sur la demande, l’utilisation, le coût, les avantages et les répercussions des TIC. Les activités et les ressources dans le domaine sont aujourd’hui si nombreuses qu’il est impossible d’en réaliser un examen exhaustif, au même titre que la mise en oeuvre de vastes initiatives constitue un défi de taille. Le présent document vise principalement à dresser un aperçu d’un large éventail de recherches et d’initiatives axées sur le rôle des TIC dans le développement humain, l’innovation, la croissance économique et la réduction de la pauvreté, ainsi qu’à établir des liens entre celles‑ci. De plus, les articles ci-dessous, dont on reconnaît le caractère subjectif, ont été choisis afin d’alimenter le débat. La documentation aborde cinq thèmes principaux qui se recoupent dans une certaine mesure : soit l’accès universel, les services sociaux et économiques, l’ouverture, le développement humain et l’innovation. Connectivité et accès universel Le premier article porte sur l’augmentation spectaculaire de la connectivité et de l’utilisation des TIC à l’échelle mondiale, ces dernières étant aujourd’hui pratiquement universelles dans de nombreux pays en développement et pays développés. Bien que l’Afrique affiche la plus faible utilisation moyenne des TIC, c’est sur ce continent que le taux de croissance est le plus élevé. Tandis que les habitants les plus démunis de la planète n’ont toujours pas accès à Internet, ceux étant considérés comme très pauvres consacrent une proportion incroyablement grande de leur revenu à l’utilisation d’un téléphone cellulaire, notamment pour faire des appels et échanger des messages, ainsi qu’à d’autres techniques novatrices leur permettant de communiquer à faible coût ou gratuitement (p. ex., bips et avis d’appels manqués). La recherche montre que les populations pauvres, au même titre que les autres, accordent une importance de taille à la communication en raison de ses avantages, notamment sur le plan social et économique. Il existe donc des besoins et une demande bien réelle. Parallèlement, l’offre s’accroît par l’intermédiaire d’entreprises à faible coût et d’initiatives à but non lucratif, au même titre que le soutien public à l’infrastructure, les politiques et les règlements, les initiatives en faveur de l’accès universel et les investissements dans une vaste gamme de services publics et sociaux électroniques s’intensifient. On fait donc face, d’une part, à la demande et d’autre part, à l’ensemble de technologies et de mécanismes (commerciaux, publics, à but non lucratif, politiques, etc.) qui fournissent des services abordables. La connectivité est la pierre angulaire de tous les avantages potentiels (et des coûts) que recèlent les TIC. Et, bien que les téléphones cellulaires aient permis de réaliser des progrès majeurs, l’instauration de la connectivité à large bande à l’échelle mondiale reste un défi de taille, particulièrement pour de nombreuses nations et populations pauvres. Meilleur accès aux services Le deuxième des cinq articles interdépendants porte sur le meilleur accès, grâce à la connectivité, aux services économiques et sociaux dont il a été question au point précédent, soit les services financiers, commerciaux et de distribution, d’emploi, personnels et publics. Voici quelques-uns des exemples les plus manifestes au sein de l’ensemble des populations, y compris au bas de la pyramide :
Ouverture et libre accès Le troisième article, dont le thème suscitait l’intérêt avant même l’apparition des logiciels d’exploitation libre et de l’accès au savoir, porte sur le mouvement en faveur de l’ouverture de tous les domaines de la société : social, économique, juridique et technologique (infrastructure, logiciel et logique, contenu, etc.). Dans certaines régions et certains pays, on promeut l’ouverture grâce aux logiciels d’exploitation libre, à la transparence au sein du gouvernement, à l’éducation ouverte, au matériel d’exploitation libre et à l’accès libre aux revues universitaires. Ailleurs, il semble que les avancées soient plus modestes en matière de protection de la propriété intellectuelle, plus particulièrement dans les pays en développement, où le progrès est vivement contesté et survient le plus souvent à rebours. La propriété intellectuelle libre d’accès, les modèles commerciaux libres et les concepts axés sur la société ouverte évoluent, et les TIC, grâce auxquelles on communique, s’organise, produit et consomme à plus vaste échelle et dans un esprit de collaboration étendue, comptent pour beaucoup dans cette progression, rendant la « fermeture » de plus en plus difficile à maintenir. Développement humain et capacité d’accès Le quatrième article porte sur le développement humain, plus particulièrement sur le fait d’accorder une plus grande importance aux capacités et aux libertés individuelles, externes et collectives comme objectifs fondamentaux du développement. Axé sur la théorie du renforcement des capacités élaborée par Amartya Sen, ce mouvement prône la valorisation du développement économique, de la justice sociale et des choix sociaux, ce dernier aspect plus particulièrement en matière de biens publics, là où les marchés se sont avérés inefficaces, voire stériles. Fondé sur l’art d'exercer le pouvoir, le paradoxe d'Arrow (ou théorème d’impossibilité) démontre qu’il n’existe aucune fonction de choix social permettant d’agréger les préférences individuelles, même les plus raisonnables, aux préférences sociales au sein d’un vaste ensemble. Seule une dictature permettrait de remédier à de telles incohérences, ce qui impliquerait toutefois (1) un sacrifice énorme sur le plan politique et des décisions participatives, et (2) sur le plan de l’économie du bien‑être, une grossière incapacité à tenir compte de l’hétérogénéité des intérêts d’une population diversifiée. La prise en charge de ces problèmes fait partie intégrante d’un programme global de renforcement de la théorie des choix sociaux (et d’une économie du bien‑être dynamique). Globalement, l’élargissement de la portée de l’information, sous n’importe quelle forme, constitue un moyen efficace de surmonter le pessimisme face aux choix sociaux et d’éviter les impossibilités, et permet directement d’élaborer des approches constructives, viables et accessibles. Le raisonnement formel quant aux axiomes postulés (y compris leur compatibilité et leur cohérence), tout comme la compréhension informelle des valeurs et des normes (y compris leur pertinence et leur plausibilité) pointent tous deux dans cette direction. En fait, la complémentarité profonde du raisonnement formel et informel – pierre angulaire des sciences sociales – ressort clairement de l’évolution de la théorie moderne des choix sociaux[2]. L’organisation est le point central de l’approche du développement des capacités, au même titre que la création d’occasions et l’équité, ou l’égalité lorsqu’il est question de genre. Le bien‑être se mesure dans plusieurs sphères (politique, sociale, culturelle et éthique) et va bien au‑delà de simples considérations économiques, notamment l’éducation, la santé, la sécurité, la dignité et l’autonomie. Les processus de renforcement des capacités et des libertés, tout comme la possibilité de faire des choix sociaux, sont fondamentaux, mais sont extrêmement vulnérables en situation de conflit, de catastrophe ou de pandémie. Le discours public éclairé est le point central des écrits du professeur Sen, et le renforcement des capacités, un élément essentiel pouvant se manifester de multiples façons dans les processus complexes et typiquement laborieux de résolution et de choix social. Les liens entre discours public éclairé et communications (ouvertes) sont manifestes. De plus, les TIC et les communications, plus particulièrement au bas de la pyramide, touchent d’autres aspects fondamentaux du renforcement des capacités et du développement humain. La documentation et l’expérience énoncent plusieurs propositions fondées sur des faits demandant à être étudiés plus à fond, tant sur le plan conceptuel qu’empirique.
Il semble en effet que l’accès libre et la capacité d’accès soient étroitement liés. L’accès libre accroît l’étendue des ressources accessibles aux particuliers et aux groupes, augmentant ainsi leurs capacités. L’accès libre offre en outre de nouveaux moyens d’interaction, de participation et de collaboration, qui transforment les interactions et offrent de nouvelles formes de choix sociaux reposant sur les technologies de l’information et de la communication, notamment la plateforme sociale émergente du Web 2.0, mais également des technologies plus simples, comme les SMS, qui favorisent l’organisation et la mobilisation des groupes au bas de la pyramide.
Innovation et créativité en matière d’accès Le cinquième article porte sur l’innovation, de plus en plus considérée comme faisant partie intégrante du développement. La documentation sur les politiques scientifiques et technologiques, et plus récemment la réflexion systémique sur l’innovation, a longtemps considéré les TIC comme l’une des plateformes technologiques du système d’innovation d’un pays, les deux autres étant la biotechnologie et la nanotechnologie (émergente). Les TIC sont notamment porteuses d’un savoir technologique et établissent des liens entre les nombreux éléments essentiels d’un système national d’innovation. Depuis peu, on s’intéresse de plus en plus à l’innovation au service des populations au bas de la pyramide et au sein de ces dernières. Là encore, les TIC jouent un rôle déterminant de catalyseur, de fournisseur de connaissances et de diffuseur de l’innovation. Les téléphones cellulaires, par exemple, facilitent l’accès à tout un éventail d’innovations économiques et sociales au sein des populations démunies. Dans cette optique, il convient de faire la distinction entre les différents aspects de l’innovation, à savoir qui innove. Par exemple, le modèle d’innovation pour les pauvres, avec les pauvres et par les pauvres proposé par Heek aide à comprendre que l’innovation repose sur une combinaison de ces trois éléments. La multiplication des téléphones cellulaires a été rendue possible tant grâce aux modèles de tarification novateurs des entreprises de télécommunication (pour les pauvres) que par les utilisateurs qui ont innové en adoptant la technologie relativement souple des sans‑fil (par les pauvres), créant ainsi de nouvelles formes d’utilisation qu’il aurait été impossible de prévoir autrement. Autres interactions Bien que ces cinq thèmes – la connectivité, les services, l’ouverture, le développement humain et l’innovation – puissent différer à bien des égards, il ne fait aucun doute qu’ils se recoupent sur le plan conceptuel et dans le cadre des exemples soulevés dans la présente recherche, plus particulièrement dans la section Aperçu du chapitre 1. Les perspectives en matière de développement humain et d’innovation, par exemple, sont prises en compte par de nombreuses initiatives de libre accès et font leur apparition dans les travaux de recherche sur la réglementation et les politiques relatives aux TIC en faveur de l’accès universel. Selon des enquêtes sur l’utilisation du téléphone cellulaire au bas de la pyramide, les communications axées sur les TIC renforcent les capacités et les libertés humaines, tout en favorisant l’accès à des services économiques ainsi que les interactions personnelles, familiales, sociales et communautaires. Chez les pauvres aussi, l’isolement fait rapidement place à la connectivité. Un autre volet de la recherche et des initiatives axées sur les systèmes d’innovation s’intéresse à la conception de technologies au service du développement humain, reconnaissant que les nouvelles technologies génèrent habituellement des capacités tandis qu’elles en limitent certaines autres, et se concentrant sur l’innovation technologique par et pour les populations situées au bas de la pyramide. Le présent document accorde une importance particulière à l’accès aux TIC et à leur utilisation, considérés comme des facteurs habilitants récurrents dans d’autres domaines de l’innovation. Les propos de Mohammad Yunus au sujet des TIC et de l’innovation sont rapportés dans le chapitre 1 ci-dessous. L’innovation pourrait être considérée comme une finalité en soi, à laquelle contribuent la connectivité, les services, l’ouverture et le développement humain. D’autre part, le développement humain ou l’ouverture, au sens large, pourraient couvrir une bonne partie de la question. Au sens appliqué ou conceptuel, il n’est pas étonnant que la connectivité, les services, l’ouverture, le développement humain et l’innovation – c’est‑à‑dire les approches universelles, productives, ouvertes, accessibles et novatrices – aient de nombreux points en commun. De bien des façons, ils pourraient constituer un ensemble de facteurs de renforcement. La connectivité facilite l’ouverture, qui favorise l’accessibilité, qui favorise à son tour l’ouverture et l’innovation. Les modèles d’interaction sont certes plus complexes; mais on reconnaît dans une certaine mesure que la progression de l’un de ces facteurs accroît le potentiel de tous les autres. Les distinctions établies ci-dessous peuvent en quelque sorte sembler factices, mais pourraient s’avérer utiles du point de vue des perspectives politiques, d’action et de recherche qu’elles présentent. Plus particulièrement, voici quelques-unes des implications en matière de politique, d’action et de recherche présentées dans la documentation résumée dans le présent document et les articles énoncés ci‑dessus. Priorités en matière de politique, d’action et de recherche 1. Les initiatives de promotion et de recherche en matière de politiques et de réglementation des télécommunications et des TIC, qui se multiplient et gagnent en efficacité depuis le début du millénaire, doivent se poursuivre. Le succès de toute initiative ou de tout mouvement en faveur des TIC passe par la réduction des coûts et l’accès universel. L’accès large bande universel à faible coût – principalement sans fil – semble réalisable pour la prochaine génération, mais exige des actions concertées sur le plan politique, technologique et de la demande.
2. La recherche sur l’utilisation des technologies sans fil et des TIC, plus particulièrement au bas de la pyramide, continuera de jouer un rôle déterminant dans l’orientation des politiques et le développement des marchés et des entreprises sociales. Il pourrait en outre s’avérer utile de se pencher plus sérieusement sur le rôle potentiel des TIC dans le renforcement de diverses capacités sur le plan individuel et local, ainsi que dans des contextes de développement élargis, grâce à la recherche fondée sur des enquêtes, à des études de cas et à des données anthropologiques. Ainsi, les investissements publics, privés et non gouvernementaux dans le secteur des TIC pourraient être plus substantiels et plus rentables. 3. La tendance de la pensée et des activités en matière de libre accès à s’orienter de plus en plus vers le bas de la pyramide devrait être exploitée davantage. Comparativement aux populations mieux nanties, les transformations opérées au bas de la pyramide sur le plan des TIC, de la communication et du réseautage sont considérables, mais diffèrent de par leur nature et se fondent sur des assises beaucoup plus modestes. Les initiatives de renforcement des capacités et du bien‑être, notamment en santé, en éducation et sur le plan de la subsistance, continueront de requérir et de mériter des subventions destinées au « plus bas de la pyramide », au même titre que des investissements et des initiatives considérables devront être mis sur pied et répartis entre les services gouvernementaux en ligne, les organismes à but non lucratif et les modèles commerciaux.
4. La tendance à reconnaître le rôle de l’organisation (qui va au-delà de la participation) dans les initiatives de développement pourrait être plus globale, favorisant ainsi les échanges de connaissances dans le cadre d’initiatives réellement participatives et de modèles de prestation des services efficaces. Bien que l’on dispose d’une somme considérable de données sur le sujet, on gagnerait à déterminer plus précisément quels investissements sont les plus susceptibles de produire des résultats sur le plan des capacités, et par conséquent d’être les plus viables.
5. La documentation sur le système d’innovation soutient notamment l’importance d’expérimenter, d’apprendre et de s’améliorer à tous les paliers. Le soutien à l’innovation dans toutes les sphères de la société comme au bas de la pyramide caractérise la tendance actuelle en matière de recherche et de développement dans les domaines de la science, de la technologie et des systèmes d’innovation – secteurs qui pourraient tous bénéficier de plus vastes connaissances, initiatives et expériences – et appuie la nécessité de réaliser des recherches plus poussées, comme il a été mentionné plus tôt, sur l’utilisation des TIC et le renforcement des capacités au bas de la pyramide.
6. À l’heure actuelle, il convient de souligner que les processus visant à accroître la contribution des TIC au développement humain, à la croissance durable et à la réduction de la pauvreté sont particulièrement mis à l’épreuve en situation de crise financière et économique. Au cours des prochains mois, de nombreuses organisations suivront de près les répercussions de la crise mondiale sur l’économie, le commerce, l’emploi, les services publics et les ménages dans le but de cerner et de mettre en oeuvre des mesures clés d’intervention. Les conséquences négatives de la crise se font sentir et toucheront toutes les formes d’échanges internationaux – diminution du crédit, des exportations, des transferts de fonds, des investissements étrangers directs et de portefeuille, de l’APD et des échanges de connaissances.
7. Enfin, le réchauffement climatique et les émissions de dioxyde de carbone sont des problèmes exigeant des mesures immédiates. Le document cible certains domaines où les TIC jouent un rôle particulièrement important dans l’adaptation aux changements climatiques, sans toutefois dresser la liste exhaustive des secteurs touchés par l’adaptation et l’atténuation, notamment les politiques énergétiques et les énergies de rechange, le stockage du carbone, la gestion des catastrophes et la préparation à faire face de plus en plus souvent à diverses formes de désastres naturels, les marchés de crédit de carbone et l’internationalisation des coûts globaux des émissions de dioxyde de carbone. Le rôle des TIC et le discours public éclairé sont susceptibles d’être au coeur de tous les aspects du réchauffement planétaire. Les recherches novatrices et prospectives relatives aux TIC dans ce domaine sont susceptibles de rapporter gros. [1] Parmi les exemples les plus manifestes, citons les services bancaires itinérants, les transferts de fonds, la microfinance et la microassurance, la possibilité pour les agriculteurs et les pêcheurs d’être en contact direct avec les marchés, la diminution de la marge de distribution et de l’oligopole des vendeurs, la possibilité pour des chauffeurs et des travailleurs occasionnels d’obtenir de l’emploi par téléphone et d’accroître ainsi leur productivité, les services de garde d’enfants et d’entretien ménager, la télésanté et la formation à distance. [2] Sen, Amartya (1998). Discours du prix Nobel, The Possibility of Social Choice, Stockholm. http://nobelprize.org/nobel_prizes/economics/laureates/1998/sen-lecture.html [3] Foster, James. Voir la section IV ci-dessous. [4] Consulter par exemple Warshauer, Mark (2003). Technology and Social Inclusion: Rethinking the Digital Divide, MIT Press. |
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