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Le temps des cités-jardinsTransformer des terrains vagues en potagers et jardins de fleurs… Tous les jours dans les pays en développement, des milliers de gens migrent de la campagne à la ville en quête de meilleurs débouchés économiques et d’un meilleur avenir. La plupart y découvrent plutôt une dure réalité : des emplois rares, des logements insalubres, un combat quotidien pour survivre. Beaucoup s’en tirent cependant en adaptant les modes de subsistance de la campagne : sur les toits, aux appuis des fenêtres, au bord des chemins et des cours d’eau, dans les terrains vagues, ils cultivent des aliments pour nourrir leur famille et en faire le commerce. L’agriculture urbaine se répand d’autant mieux qu’elle peut porter remède à la pauvreté urbaine Depuis 20 ans, des chercheurs parrainés par le CRDI sont à l’avant-garde de ce mouvement d’agriculture urbaine : ils travaillent à faire abolir des règlements dépassés ou restrictifs, ils aident les agriculteurs à trouver et à partager des aires de culture et à s’entraider pour transformer et commercialiser leurs récoltes. Depuis une dizaine d’années, le CRDI a pris part dans 40 pays à plus de 90 projets grâce auxquels des villes du Sud ont adopté des politiques et des méthodes d’agriculture qui permettent d'augmenter l’approvisionnement alimentaire et les revenus, de préserver la santé et de faciliter la gestion des déchets, de l'eau et des territoires. Un pionnier de l’agriculture urbaineAu service du CRDI depuis 1989, Luc Mougeot, spécialiste de programmes principal, s’intéresse depuis 1992 à l’agriculture urbaine, dont il est d’ailleurs un expert réputé dans le monde entier. Titulaire d'un doctorat en géographie, il possède une riche expérience acquise au fil de ses recherches sur le logement et les modes de peuplement, l’emploi informel et les applications de l’énergie en milieu urbain en Amérique latine. « Dès le début, dit-il, je me suis intéressé à trois vecteurs de changement dans l’urbanisation : le logement, l’emploi informel et l’agriculture urbaine. » M. Mougeot est heureux d’avoir pu contribuer à l’essor de son domaine d’études : naguère confinée à une poignée de projets plutôt isolés, l’agriculture urbaine est devenue un mouvement mondial soutenu par un nombre croissant de réseaux régionaux et internationaux. « Je suis reconnaissant au CRDI de s’être engagé et d‘avoir persévéré dans un domaine qui n'avait pas encore fait ses preuves, dit-il. Et je suis reconnaissant à mes collègues d’avoir dispensé généreusement leur savoir-faire pour enrichir le contenu du programme. » RUAF : la force de la coopérationLuc Mougeot cite un bel exemple de coopération et de synergie internationales : le nouveau projet de la Fondation RUAF (réseau international des centres de ressources pour l'agriculture urbaine et la sécurité alimentaire), une initiative conjointe du CRDI et de l’ONG néerlandaise ETC International Group. Il s’agit d’un réseau international qui offre différents services, dont une revue d’agriculture urbaine publiée en cinq langues (anglais, français, espagnol, arabe et chinois), des banques électroniques de personnes-ressources et de publications, des ateliers, des téléconférences et un site Internet (www.ruaf.org). « La Fondation RUAF a donné aux praticiens de l’agriculture urbaine la possibilité de faire connaître leurs découvertes et leurs réussites, dit-il. Elle aide à mobiliser des administrations locales, des associations professionnelles, des instituts de recherche, des ONG et des institutions comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), bref à faire accepter plus rapidement l’agriculture urbaine comme une pratique courante. » Comme il le laisse entendre, l'agriculture urbaine se répand d’autant mieux qu’elle peut porter remède à la pauvreté urbaine. De nombreuses universités du Sud l’intègrent dans leur programme d’études, de sorte qu’il y aura bientôt un bassin de spécialistes de l’agriculture urbaine, un domaine d’avenir qui figure d’ailleurs à l’ordre du jour du troisième Forum urbain mondial (à Vancouver du 19 au 23 juin 2006). Renseignez-vousLa recherche bien appliquéeLes recherches financées par le CRDI permettent d’aborder des problèmes de développement cruciaux et marquent une différence dans la vie des populations du Sud.
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Liens extérieurs
Depuis une dizaine d’années, le CRDI a pris part dans 40 pays à plus de 90 projets qui ont permis à des villes du Sud d’adopter des politiques et des pratiques agricoles novatrices pour gérer plus facilement les déchets, l’approvisionnement en eau et l’utilisation du territoire et pour permettre à leurs habitants de manger à leur faim, d'être en meilleure santé et d'augmenter leur revenu. Du concept à l’actionEn montant un projet complexe d’agriculture urbaine, Monika Dankers aidait à planter des jardins dans des villes du monde entier. En 13 années au CRDI, Monica Dankers s’est chargée de l'administration de centaines de projets menés aux quatre coins du monde. En plus d'autoriser les contrats et les versements des programmes Pauvreté urbaine et environnement (PURE) et Pauvreté rurale et environnement (PRE) et d'examiner les analyses financières des administrateurs de subventions sous sa gouverne, elle voue un intérêt particulier aux projets singulièrement complexes. Elle doit alors veiller un peu à tout, depuis la conversion des devises jusqu’à la négociation des dispositions de l'accord de subvention et au respect des politiques du CRDI et de l’entente conclue avec le pays d’accueil. « Mon équipe complète le travail de nos administrateurs de programmes, dit-elle. Nous donnons tous un coup de main. » Des centaines de projets auxquels elle a travaillé, Mme Dankers a trouvé particulièrement difficile et gratifiant celui de la Fondation RUAF (réseau international des centres de ressources pour l'agriculture urbaine et la sécurité alimentaire). « C’était extrêmement compliqué, rappelle-t-elle. Il fallait régler dans les moindres détails le nouveau partenariat avec le groupe ETC. En même temps, il fallait protéger contre les fluctuations des taux de change les fonds que nous recevions du ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas, d’abord en florins hollandais, ensuite en euros. Il a fallu de la créativité et de la souplesse pour nous en sortir, et aussi de l’aide de mes collègues à la comptabilité. » Monica Dankers adore résoudre des problèmes et veiller au meilleur déroulement possible des projets. « J’aime mon travail et j’y prends plaisir, dit-elle. En fin de compte, j’ai la satisfaction d’avoir mis mes compétences au service des administrateurs de programmes, de sorte qu’ils peuvent employer les leurs à des projets qui changent la vie des gens. Que demander de mieux ? » Monica Dankers est agente d'administration au CRDI, à Ottawa. Votre opinion compte. N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires sur tel article, telle rubrique ou le site en général.
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