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![]() À Ouled-Bessem, en Algérie, les eaux traitées dans une usine d’épuration locale servent à l’irrigation d’appoint des champs de céréales, ce qui permet d’augmenter le rendement des cultures et les revenus. À l’oasis de Farafra, en Égypte, on documente et évalue les pratiques traditionnelles de gestion des eaux souterraines. On veut ainsi aider les collectivités locales à élaborer un plan intégré de gestion participative de l’eau en vue de cultiver des terres récemment arrachées au désert . En Jordanie, des eaux ménagères traitées (provenant des lavoirs, des éviers et des douches des dortoirs de l’Université Mu’tah) sont réutilisées au profit de l’agriculture locale. À Rashaya Casa, au Liban, on a installé des dispositifs de traitement des eaux grises dans 74 foyers pour en démontrer l’efficacité et la sécurité aux fins de l’irrigation. Dans la région de Tafilalet, au Maroc, on met à l’essai un système d’irrigation au goutte-à-goutte à partir de réservoirs – un système qui économise l’eau douce puisqu’il utilise l’eau salée – afin de valider la performance de l’équipement, l’uniformité de l’arrosage, l’effet sur la salinité du sol, la tolérance des cultures et les rendements. Au Yémen, les chercheurs font des tests en vue d’améliorer l’utilisation traditionnelle des eaux grises des mosquées pour accroître le rendement des cultures et conserver les eaux souterraines. Ils espèrent ainsi influencer les politiques nationales sur l’eau. Ces projets de recherche illustrent la portée de WADImena (« wadi » veut dire « cours d’eau » en arabe). Aussi appelée WDM, cette initiative intrarégionale étalée sur cinq ans (2004-2009) est cofinancée par plusieurs bailleurs de fonds. Son objectif est d’appuyer et de promouvoir la gestion de la demande d’eau, sous diverses formes, dans les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord qui subissent un stress hydrique croissant. L’Algérie, le Maroc, la Tunisie, l’Égypte, la Jordanie, le Liban, la Cisjordanie et Gaza, la Syrie et le Yémen prennent part à cette initiative. Une nouvelle perspective sur l’eau douce« WDM va à l'encontre de l'idée reçue selon laquelle la solution à la crise de l’eau dans la région consiste à trouver de nouvelles sources d’eau, explique Lorra Thompson, coordonnatrice de projet de WADImena. En réalité, le volume d’eau douce que l’on peut ajouter aux réserves existantes est limité et il est habituellement coûteux et nuisible à l’environnement d’en faire l’extraction. Par conséquent, il faut se tourner vers la gestion de la demande. » ![]() WDM recommande d’utiliser les eaux grises traitées au lieu de l’eau douce pour irriguer les cultures et de modifier les heures d’arrosage pour éviter les pertes. Ainsi, on arrose la nuit, lorsque l’évaporation est moindre, et on a recours à des technologies plus efficientes, comme l’irrigation au goutte-à-goutte. Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont parmi les régions les plus arides du monde. De plus, l’accroissement rapide de leurs populations fait baisser la quantité d’eau douce disponible par habitant. Par exemple, en Jordanie, chacun des 5,2 millions d’habitants dispose en moyenne de 200 mètres cubes d’eau par an – soit moins de la moitié des 500 mètres cubes par an nécessaires pour survivre. Les défis du changementLe CRDI appuie des projets WDM dans ces régions depuis le début des années 1990. C’est en partie ce qui a amené WDM à influencer les politiques gouvernementales, particulièrement en Jordanie. En aidant les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord à adopter et à mettre en commun ses stratégies, ses techniques et ses outils, WADImena veut accroître son influence pour empêcher que la pénurie d’eau freine le développement et aggrave la pauvreté. Mais WADImena fait face à un défi de taille : solliciter davantage l’appui de la classe politique. « La gestion de la demande d’eau n’est pas nécessairement une priorité des gouvernements, explique Lorra Thompson. En fait, il arrive qu’ils adoptent des politiques qui vont à l’encontre des principes de WDM. Par exemple, un gouvernement soutiendra la culture du riz aux dépens de celle des tomates parce que le riz a de meilleurs débouchés extérieurs, même s’il exige plus d’arrosage que les tomates. » WADImena remédie aux lacunes de la politique gouvernementale en finançant huit projets de recherche et en parrainant des ateliers, des conférences et des échanges qui permettent aux membres de la communauté WDM d’élargir leurs connaissances et de se soutenir mutuellement. Continuer sur la lancée de WDMSelon Lorra Thompson, « le potentiel est énorme. WADImena tisse un vaste réseau d’adeptes de ses pratiques, qui comprend de nombreux jeunes professionnels qui formeront la prochaine génération des décideurs et des hauts fonctionnaires dans les ministères de l’Eau. Ce sont des gens qui connaissent WDM et qui sont au courant des résultats de la recherche. Ils représentent l’avenir. » Pour en savoir plus
« WDM va à l'encontre de l'idée reçue selon laquelle la solution à la crise de l’eau dans la région consiste à trouver de nouvelles sources d’eau. » – Lorra Thompson Point de vue du CaireLa coordonnatrice de projet de WADImena, Lorra Thompson, vit au Caire depuis huit ans; depuis qu’elle a quitté les bancs de l’université, pour ainsi dire. Pourquoi est-elle demeurée si longtemps à l’étranger ? « Je n’ai pas vu les années passer, dit-elle. Je suis venue au Caire pour faire un stage de six mois auprès du PNUD, dans le cadre d’un programme universitaire sur le leadership. Cinq ans plus tard, j’étais toujours là. Je travaillais pour le PNUD et, à l’occasion, pour la Banque mondiale, à titre de consultante. Je me suis d’abord intéressée à la gestion des déchets solides puis, à la gouvernance de l’eau. En 2003, lorsque j’ai entendu dire que le CRDI cherchait un coordonnateur de projet pour l’Initiative WADImena, qui jouissait d’une très bonne réputation, j’ai posé ma candidature, et j’ai obtenu le poste. » Toutefois, même si Mme Thompson vit en Égypte et qu’elle s’y sent bien, le Canada demeure son chez-soi et elle y retourne trois fois par année pour y travailler et visiter sa famille. Mais elle demeurera toujours attachée aux pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. « C’est une région variée et fascinante, explique-t-elle. En outre, mon travail pour WDM est enthousiasmant et stimulant sur le plan intellectuel. Les gens que je rencontre sont passionnés par les défis et les enjeux car il y va de l’avenir de l’humanité. Même si je n’ai pas encore visité la plupart des attractions touristiques de l’Égypte, il m’arrive de me dire, lorsque je suis assise à la terrasse d’un café surplombant le fleuve : " Je suis au bord du Nil, le berceau de la civilisation ". C’est un sentiment incroyable ! » Lorra Thompson, coordonnatrice de projet, WADImena. Votre opinion compte. N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires sur tel article, telle rubrique ou le site en général.
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