
« L'agriculture urbaine peut conjuguer les objectifs environnementaux telles que la réduction de l'empreinte écologique et l'utilisation des déchets de la ville, d'une part, aux objectifs économiques et sociaux plus généraux, de l'autre. Elle peut créer ou supporter de nombreux emplois et contribuer de manière importante à la production des aliments et des combustibles dont les plus pauvres ont besoin. »[1] L'agriculture urbaine ( AU) est une pratique se déroulant dans l'enceinte ou le pourtour d'une agglomération, d'une ville ou d'une métropole et qui mobilise des ressources humaines et matérielles pour cultiver, transformer et distribuer quotidiennement toute une gamme d'aliments et de produits non alimentaires dans les zones urbaines et périurbaines. L'urbanisation massive des pays en développement a amené l'exode vers les villes de 50 % de la population la plus pauvre. Ces hommes et femmes démunis, dont beaucoup migrent des régions rurales, transplantent leur savoir et pratiquent l' AU pour accroître la sécurité alimentaire du ménage et en tirer un revenu. Ils pratiquent l'agriculture et l'élevage en utilisant n’importe quel espace inexploité, déchet organique et ressources en eau disponibles dans les villes et en périphérie. À mesure que les villes s'étendent par effet de la migration des zones rurales dans les pays en développement, l' AU deviendra plus importante. La production d'aliments en ville à des fins d'autoconsommation, établie en Asie depuis des temps anciens, a connu récemment un essor considérable en Afrique et en Amérique latine. Ces pratiques peuvent jouer un rôle crucial pour le bien-être économique d'un ménage, notamment dans les villes où le prix des denrées alimentaires est particulièrement élevé. Par exemple, on estime que 85 % du revenu est consacré aux dépenses alimentaires à Dar es Salaam, en Tanzanie [2]. Au niveau international, les possibilités qu'offre l' AU en tant que composante des stratégies de développement urbain suscitent un intérêt marqué. L' AU peut jouer un rôle important pour la protection de l'environnement et de meilleures conditions d'hygiène, car elle contribue au traitement, à la réutilisation et à la gestion des eaux usées et des déchets solides urbains. Les organisations gouvernementales s’intéressent de plus en plus aux avantages de l' AU, ce qui entraîne le besoin d'expertise professionnelle et le développemetn de capacités institutionnelles dans ce domaine. Conscient de l'enjeu, PURE appuie des projets qui développent les capacités institutionnelles en matière d'agriculture urbaine. À Kampala (Ouganda) et à Rosario (Argentine), par exemple, le CRDI a financé l'élaboration de politiques et d’une programmation en AU. Grâce à un projet multirégional qui s'intitule « Vers un paysage comestible », le CRDI et ses partenaires œuvrent à l'intégration de l' AU dans les plans d'urbanisme et encouragent les architectes et les concepteurs à prendre en compte les avantages de la production alimentaire dans leur plans parcellaires. Les projets du CRDI cherchent également à augmenter la masse de données économiques disponibles afin d'amener les décideurs à reconnaître le bien-fondé de l' AU, comme cela est par exemple le cas à Colombo (Sri Lanka).
[1] UN-Habitat, An Urbanizing World: Global Report on Human Settlements 1996, p.410 (en anglais) [2] Huibers, F. & Redwood, M. Wastewater Irrigation in Urban Agriculture.
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