![]() |
|
| Français - Español |
|
|
Cadre macro-économique Au Sénégal, l’horticulture a connu ses débuts avec les jardins d’essais ou jardins d’acclimatation de légumes tempérés, de fruitiers et plantes d’agréments. Le plus ancien est celui de Richard Toll ( Saint-Louis ), fondé en 1816, suivi des jardins de Sor ( Saint-Louis ) en 1898 et de celui du pénitencier de Thiès établi par la mission catholique jouxtant l’axe ferroviaire Dakar–Saint-Louis. En 1903 s’ajoute le jardin de Hann qui constituait, par l’existence de ses nappes d’eau affleurantes, un réservoir pour l’alimentation de Dakar. L’horticulture est donc une activité économique ancienne, mais dynamique, pourvoyeuse d’emplois et porteuse d’espoirs. Ses atouts sont multiples et variés, mais les contraintes tout aussi nombreuses. Politiques de développement et de valorisation Face à la situation de crise mondiale intense où le potentiel de production agricole et agroalimentaire sénégalais est fortement entamé, forçant une partie de la population à abandonner les champs et à vivre sous le seuil de pauvreté, on peut se demander ce qui fonde l’espoir dans le sous-secteur de l’horticulture. Les termes de la relance de ce secteur par les pouvoirs publics rappellent la place privilégiée qu’occupait l’horticulture à la création de la société BUD en 19734 ( plus de 10 000 tonnes de légumes exportés annuellement ). À la même époque, l’horticulture faisait figure de parent pauvre, ne possédant ni budget ni plan de développement sectoriel. Les Sociétés régionales de développement rural ( SRDR ) n’en faisaient état qu’en tant qu’activité secondaire, non essentielle. L’encadrement technique était réservé aux grandes cultures céréalières de rente et à l’élevage, comme le montrent les conclusions du séminaire sur le développement du maraîchage au Sénégal, tenu au Centre pour le développement de l’horticulture ( CDH ) en 1982 : « Le manque de personnel qualifié doit conduire à une formation en cascade des formateurs afin d’atteindre facilement un plus grand nombre. » La filière devait donc les bons points obtenus par la production locale destinée à l’exportation, à l’aide bilatérale ou multilatérale et à l’abnégation des premiers horticulteurs, qui reçurent le soutien du premier grand financement mis en œuvre avec la Société des terres neuves ( SDTN ). C’est en 1984, à cause de la sécheresse soutenue au Sénégal – et ses conséquences dramatiques sur la productivité des systèmes pluviaux – et de l’accentuation du déséquilibre démographique en faveur des villes, que l’État choisit l’horticulture comme vecteur du développement agricole. Il misera sur les grandes exploitations horticoles modernes dotées du statut d’exportateur. Ceci alors que la bande côtière des Niayes, quelque peu délaissée par l’encadrement technique et les budgets, produisait déjà 80 % de la production légumière du pays. En 1992-1993, l’État élabore un plan directeur horticole permettant de lutter contre certaines contraintes au développement de la filière pour valoriser le savoir-faire paysan et son potentiel productif. Il améliore le statut administratif de la division en la propulsant au rang de direction de l’Horticulture en 1994. Les stratégies adoptées sont révélatrices d’une place de plus en plus importante accordée à l’horticulture. À travers ces stratégies, il s’agissait : de lever les contraintes qui pèsent sur les entreprises horticoles, à savoir l’inaccessibilité ou la non-disponibilité des facteurs de production ( eau, semences, engrais, produits phytosanitaires, carburant ), le sous-équipement en matériel agricole, le manque de formation, la complexité des marchés ; de favoriser le développement des unités artisanales et industrielles de transformation, afin de récupérer la valeur ajoutée des productions végétales et d’améliorer la gamme de produits à la consommation ; enfin, d’impliquer les entreprises privées dans le développement de la filière. Ces mesures ont amélioré le sort des petits exploitants, qui arrivent à obtenir un revenu monétaire régulier, ainsi que celui des mieux nantis qui, malgré les contraintes réduisant leur productivité, s’en sortent mieux. Ceci aura pour effet de relancer la consommation et d’améliorer le bien-être des Sénégalais. Mais cette politique de relance tient-elle compte des horticulteurs à très faibles revenus ? Va-t-elle améliorer la sécurité alimentaire ? Politique de sécurité alimentaire Comme le soulignait Snrech, analyste au Club du Sahel en 1997, la question de sécurité alimentaire se pose en termes d’accessibilité, de capacité à obtenir un revenu monétaire permettant d’acheter la nourriture ou de couvrir les dépenses essentielles non alimentaires. La politique de relance, dont les objectifs ont été présentés précédemment, peut sembler exclure les petites exploitations horticoles qui font le dynamisme et le succès de la filière, pour tendre vers une horticulture « productiviste », comme on en a connu avec les très grandes exploitations privées, bénéficiant ou pas d’une situation de rente, mais ne résistant pas à une vérité des prix. Il y a lieu, pour réussir cette entreprise de relance, d’adapter le crédit à la situation sociale de tous les acteurs de la filière et principalement, à celle des producteurs les plus démunis. Le Projet de promotion des petites et moyennes entreprises horticoles ( PPMEH ) en a pris la mesure et un volet de mutualisation accompagne le volet crédit. Outre la Caisse nationale de crédit agricole ( CNCA ), des institutions mutualistes telles que l’Alliance du crédit et de l’épargne pour la production ( ACEP ) et les Caisses populaires d’épargne et de crédit ( CPEC ) s’engagent désormais dans ce domaine. Mais la mutualisation ne se décrète pas et n’est pas une panacée. Dans un secteur où la performance est réalisée dans des exploitations individuelles, le collectivisme n’est pas la seule option d’éclosion. Sur certaines lignes de crédit, il peut exister de véritables freins à l’utilisation des fonds : le critère d’éligibilité du Projet de promotion des entreprises agricoles ( PPEA ) par exemple, demandant la constitution d’un numéraire de 20 à 40 % du montant sollicité, ou l’inégale répartition des risques qui repose essentiellement sur la banque, en l’occurrence la CNCA pour la gestion du Projet de modernisation et d’intensification agricole ( PMIA ) – une ligne du Fonds de promotion économique – ce qui conduisit la caisse à demander l’installation d’une centrale des risques. Aussi, en vue de promouvoir, par l’intermédiaire de ses partenaires producteurs et financiers, un large développement de l’horticulture, les actions du gouvernement sous-entendent bien une politique agricole à deux vitesses : une politique de microcrédit et d’accompagnement de proximité pour plus démunis ; une politique d’accompagnement à l’introduction à l’économie de marché pour les plus performants. Mais dans le programme agricole, la sécurité alimentaire n’existe de manière explicite qu’en termes de céréaliculture, où un objectif plus qu’ambitieux d’augmenter la production de 50 % est noté. L’horticulture y est classée comme culture de rente ( d’exportation ), avec comme objectif une production de 25 000 tonnes de légumes, de 10 000 tonnes de fruits et de 200 hectares de fleurs et de plantes ornementales, alors que les exportateurs ont du mal à atteindre les 10 000 tonnes de légumes à l’ère de la BUD. D’une manière générale, le maraîchage est une activité rentable, quelque soit le type d’exploitation et, dans bien des cas, sert à démarrer une autre activité productrice. Comme le montre une étude de Parfonry ( 1993 ), l’arboriculture fruitière peut dégager un décaissement hors amortissement positif dès la première année, à condition qu’on l’associe au maraîchage. Sans cette association, le décaissement serait positif qu’en cinquième année. Hormis l’avantage que procurent les recettes d’exportation sur la balance commerciale, ces revenus ont un impact direct sur le producteur sénégalais, pour deux raisons : d’abord, parce que le système de collecte des produits végétaux fait appel aux producteurs de base, dont certains ont un contrat d’achat de leur production, et aux producteurs-exportateurs ; ensuite, parce que le prix d’achat au producteur est plus lucratif que sur le marché local. Cependant, la plus-value que tire l’exportateur étant beaucoup plus importante que celle du producteur, une partie de celle-ci devrait retourner à l’exploitation horticole afin d’en garantir la durabilité et améliorer la rentabilité du système. L’analyse qui précède montre que le choix de procéder à une relance de l’horticulture est justifié, car l’horticulture est rentable et, comme le souligne Sarr ( 1998 ), les productions maraîchères au Sénégal ont des avantages comparatifs. Mais, une fois tournées vers l’exportation, elles deviennent peu compétitives face à la concurrence, principalement à cause du coût du fret, de la qualité du produit et de l’ignorance des marchés de l’exportation ( Ndao, 1998 ). Potentialités de développement La zone des Niayes est, en Afrique sub-saharienne, la pointe la plus proche du continent européen du point de vue des transports aériens et maritimes. La majeure partie de la population active se trouve dans la ville de Dakar, conduisant à une densification de la capitale du fait qu’elle ne représente que 0,3 % de la superficie nationale. La non-dépendance à l’égard de la variabilité climatique pour satisfaire en eau les cultures, quelle que soit la saison, est due aux potentialités hydriques. La zone est caractérisée par une humidité relative moyenne en saison sèche, corrélée à de faibles variations thermiques quotidiennes grâce à l’influence du gradient atlantique et d’une bonne réserve en eau souterraine. Ceci permet d’irriguer au moins 13 000 de ses 36 000 hectares de terres arables. La zone des Niayes possède un réseau routier interurbain et intra-urbain permettant de relier les infrastructures portuaires et aéroportuaires de la capitale aux grands marchés urbains de consommation en des temps relativement courts, sans nécessiter l’emploi du transport réfrigéré plus coûteux, ou en l’utilisant sur une courte distance. Les exploitations situées dans les communautés rurales de Sangalkam et de Sébikhotane profitent, en ce sens, d’un revenu fort confortable, vu le coût que peut représenter le transport routier dans le prix du produit. La dynamique de la filière Une très grande diversité de l’offre caractérise la production horticole sénégalaise, comme le montre la liste de légumes des climats tropical et tempéré en production et celle de fruits ( tableau 3 ). L’adaptation des légumes tempérés est facilitée par la douceur du climat. Une spécialisation des zones de production est également perceptible pour des cultures comme la carotte, le chou, l’oignon et le persil, démontrant l’existence d’occasions à saisir par les producteurs ( petits et grands ) installés dans ces zones. La grande diversité des systèmes de culture que l’on trouve dans les périmètres maraîchers, si petits soient-ils, cache en réalité une stratégie visant à saisir toutes les occasions de vendre et à réduire les risques liés à une ou deux cultures, vue la fluctuation des cours. Sur une même planche ( 10 m2 ), des associations de chou et laitue, de chou et oignon, de laitue et oignon, de fraise et laitue, de tomate et laitue, sont rencontrées. Le nana ordinaire et le nana menthe à caractère plus pérenne, forment l’argent « rag-rag » ( obtenu très rapidement ) qui alimente en permanence le fonds de roulement. Les pépinières se succèdent à un rythme effréné, en prenant soin de mener la production de certaines d’entre elles selon le calendrier des fêtes religieuses. Ces petites parcelles ( 500 à 2 000 m2 ), très souvent situées autour des villes, ravitaillent le marché à des prix lucratifs, sans passer par des intermédiaires. On peut conclure que, dans les petites exploitations, ce n’est pas l’aspect technique qui est primordial, mais plutôt le bénéfice social à tirer du lopin de terre. Certains corps de métiers ( mécaniciens, électriciens, etc. ) rencontrés ont opté pour le maraîchage comme activité secondaire à cause de sa rentabilité, même dans les conditions d’absence totale de mécanisation. Quelle que soit l’importance de l’offre, le maraîchage procure annuellement un revenu monétaire relativement confortable ( figure 6 ). Ainsi, en 1986, les recettes annuelles du maraîchage et des autres produits horticoles ont rapporté plus de 3,5 milliards de francs CFA. L’étude comparée de Seck et Sidibe ( 1991 ) sur les produits horticoles et les produits vivriers montre l’avantage financier que procure l’horticulture comparativement à la culture des céréales et de l’arachide.
Figure 6. Évolution mensuelle de l’offre en légumes frais et variation de la marge brute gros-détail à Dakar ( janvier à décembre 1996 ) Source: base de données ISRA-CDH. Par observation réelle du flux quotidien et des prix demandés dans les marchés au gros et les principaux marchés au détail de Dakar. Regroupées au sein du Comité national interprofessionnel de l’horticulture ( CNIH ), les organisations sectorielles de base comme la Fédération des producteurs maraîchers des Niayes ( FPMN ), la Société d’exploitation des produits agricoles du Sénégal ( SEPAS ), tentent, par la concertation, d’apaiser les divergences interprofessionnelles, d’améliorer les lignes de conduite de leurs adhérents ( améliorer leur sens du professionnalisme ) et de mettre de la pression sur les politiques de développement de l’État. Mais l’efficacité du comité reste à améliorer afin d’avoir une plus grande influence sur les propositions visant la résolution des contraintes qui apparaissent au niveau de la filière. Au delà de cette forme organisée, la filière a une intense activité informelle où différents acteurs interviennent de manière indépendante, mais cohérente, depuis la production jusqu’à la commercialisation et la distribution près de la concession ou de la villa du petit consommateur. Ce qui montre le rôle social important que joue le maraîchage, urbain comme rural. Flux de production Le flux mensuel observé montre le potentiel de production dans le temps ( 2,5 à 3 cultures par an ) et dans l’espace ( concernant les quatre villes et leurs environs ). Ceci a pour effet de mettre à la disposition du consommateur des légumes frais presque toute l’année ( figure 6 ). Il permet l’installation d’un réseau de distribution impliquant des marchés nationaux ( ruraux et urbains ) et les marchés des pays limitrophes ( Mauritanie, Gambie, Mali ) ; ces derniers sont ravitaillés par les intermédiaires bana-bana ou coxeurs, principaux informateurs des marchés, en lien avec les transporteurs et les commerçants grossistes. Cette exportation sud-sud, difficilement quantifiable, stimule la production grâce à des prix plus lucratifs que sur les marchés locaux. Le haut taux de productivité de plusieurs exploitations du système évolutif montre le savoir-faire des producteurs dans le domaine et permet, sur des superficies réduites, de maintenir un potentiel de production acceptable. Des rendements en bulbes d’oignon de l’ordre de quinze tonnes à l’hectare sont atteints dans le Gandiolais. Flux d’exportation La capacité annuelle d’importation de l’Union européenne est de 25 000 tonnes de légumes, 500 000 tonnes de bananes et 250 000 tonnes de fruits variés. Pour la campagne 1998-1999, le volume échangé par le Sénégal avoisine 2 000 tonnes de légumes sur un quadrimestre ( octobre 1998 à janvier 1999 ). Pour la campagne 1997-1998, le cumul des exportations de légumes s’est élevé à 6 500 tonnes. Mais une augmentation des parts du Sénégal dans ce marché doit nécessairement être réalisée. Avec l’entrée en vigueur des textes de l’Union économique et monétaire ouest-africaine ( UEMOA ) en 1994 et l’élimination de la majorité des taxes douanières, un marché d’environ 60 millions de consommateurs s’ouvre, et les complémentarités des différentes cultures peuvent jouer en faveur des producteurs exportateurs. Flux de consommation La forte capacité d’absorption du marché local – constitué de chaînes hôtelières, de restauration de rue et de ménages solvables dont la majorité se trouve dans les villes – est en progression constante. De 173 700 tonnes de légumes en 1990, le marché est passé, selon la direction de la Prévision et de la Statistique ( DPS ), à 191 000 tonnes en 1993 et à 230 000 tonnes de légumes et 180 000 tonnes de fruits en 1995, dont 14 000 tonnes d’oignons, 18 000 tonnes de pommes de terre et 2 347 tonnes de bananes provenant des importations. L’étude récente de la DPS publiée en 1997 ( effectuée de mars 1994 à mai 1995 ) montre l’importance de la consommation alimentaire dans le budget global des ménages vivant au Sénégal. L’allocation des ressources pour ce poste varie en sens inverse du niveau d’urbanisation: 40,1 % à Dakar et 45,6 % dans les autres centres urbains, contre 69,1 % en milieu rural. De la structure de consommation ( figure 7 ), il ressort que les fruits et légumes sont au troisième rang des dépenses de consommation alimentaire en milieu urbain et au second rang en milieu rural. Cela représente, en valeurs réelles, 22 837 millions de francs pour la ville de Dakar, 16 842 millions de francs pour les autres centres urbains et 40 976 millions de francs en milieu rural. Dans le même temps, ce sont les produits les moins autoconsommés, de l’ordre de 17,5 % pour les fruits et de 15,5 % dans le cas des légumes, ce qui dénote leur importance stratégique dans la création des revenus agricoles.
Source : DPS 1997. Contraintes au développement C’est par une amélioration des performances des systèmes de production et par une compétitivité accrue des produits qu’on peut lutter contre les importations et que la relance de la consommation pourra trouver un terrain fertile. Cette consommation est, elle-même, liée au niveau de vie de la population et à une disponibilité constante de produits sains et hygiéniques. Contraintes liées à la compétitivité des produits La compétitivité des produits est un des principaux facteurs qui limite le développement de l’horticulture. Mais d’autres éléments sont également en cause : la qualité organoleptique, sanitaire et hygiénique des produits, contrainte prise en considération par les intervenants de la filière et par l’État, ce qui a mené à une étude sur le contrôle de qualité et la recherche de financement pour la mise en place d’un laboratoire national de contrôle de la qualité ; le différentiel de prix à la consommation, lié à la structure du prix dans laquelle trois postes, parmi les plus handicapants, sont par ordre décroissant les coûts de production, les transports et les bana-bana ( commerçants intermédiaires ). Les coûts de production Ce poste réunit la plus grande part des contraintes au développement technique de la production. Elles sont présentées par ordre décroissant :
Les transports Ils ont une part relativement importante dans la commercialisation et la mise en vente des produits sur le territoire. Leur qualité est médiocre, car les infrastructures sont insuffisantes ou mal entretenues ( gare de fret, routes, piste de production ), le matériel roulant devant préserver la chaîne de froid ( camion frigorifique ) est limité, la tarification est inexistante, le coût du fret est élevé. Leur réorganisation est souhaitable au sein des organisations interprofessionnelles, pour une meilleure adéquation aux exigences du marché ( rapidité, réduction des pertes après-récolte, régularité de l’approvisionnement, compétitivité du produit ), et pour une fixation des prix de manière plus rationnelle, standardisée et adaptée à la classe des utilisateurs et à la catégorie du service. Les intermédiaires Si leur rôle dans la filière reste très important, dû à la difficulté qu’ont les producteurs à s’improviser commerçants et à leur manque de stratégie offensive dans la recherche de nouveaux marchés, il faudrait mieux définir les actions des bana-bana ( commerçants ) et fixer en conséquence les modalités de rémunération, afin de réduire la part du poste dans la structure du prix des produits, quelle que soit la situation du marché. La fixation des prix prend en considération, outre la distance de transport, la qualité des infrastructures ( pistes, routes ), le contrôle routier ( municipalités, police ) et la nature de la culture. Alors que dans le même temps, face à la vétusté du parc, le bana-bana ne garantit pas la marchandise en cas de dommages subis durant le transport. Ils sont peu populaires, malgré l’indispensable travail qu’ils réalisent dans le processus de commercialisation, dont la circulation de l’information sur les prix, sur l’existence de stock, sur des acheteurs potentiels. De même, des marchés de regroupement par zone de grandes productions avec des infrastructures de stockage temporaire doivent être créés pour permettre, entre autres, un meilleur ravitaillement des exportateurs de la sous-région ( UEMOA ). Ces marchés ravitailleraient le futur marché au gros de Diamniadio ( Marché d’intérêt national, décret du 21 janvier 1999 ). Son potentiel de conservation permettra d’éviter le bradage de la production et le maintien de la qualité organoleptique, qui joue un rôle primordial dans la compétitivité de ces produits frais, rapidement périssables. Les marchés de regroupement et au gros centraliseront les informations sur les prix pour une meilleure gestion des flux et des périodes de récolte. Ces mesures permettent :
Contraintes liées à la tenure foncière La forte demande en construction a pour conséquence une diminution de la disponibilité en terres arables, principalement à cause de leur situation urbaine et périurbaine. La loi 64-46 du 17 juin 1964 sur le domaine national, tout en favorisant une culture foncière, semble précariser la situation des exploitants. De ce fait, elle renverrait le capital obtenu hors de l’exploitation et bloquerait l’investissement durable dans les exploitations urbaines et périurbaines, réduisant du même coup leur productivité par unité de surface et accentuant la dégradation et la fragilité des terres. Mais, face à la nécessité d’augmenter le niveau de modernisation et de productivité des exploitations, l’État devrait adopter l’amendement de la loi 64-46 en y ajoutant la garantie d’une non-expropriation, par exemple sur une période de dix ans, suite à un montant donné d’investissement et sans tenir compte du lieu de résidence du requérant. Cette sorte de bail serait renouvelable à la suite d’une évaluation technico-économique positive de l’exploitation. L’évaluation serait la responsabilité des collectivités locales. La politique de relance du secteur horticole doit avoir un objectif social clairement exprimé dans la thématique « sécurisation alimentaire ». Le grand nettoyage préconisé sur la gestion foncière devrait y contribuer, car les moyens financiers sont disponibles sous diverses formes et directement gérés par les ONG, et l’environnement institutionnel et économique est en train d’être assaini. Il reste aux différents acteurs à trouver les stratégies d’utilisation rationnelle. 4 Importante industrie agricole spécialisée dans l’horticulture, de nos jours disparue. Retour |
|||||||||||||
| guest (Read)(Ottawa) Login | Home|Careers|Copyright and Terms of Use|General Infomation|Contact Us|Low bandwidth |