International Development Research Centre (IDRC) Canada     
Web Archives > Publications > IDRC Books > All our books > CITÉS HORTICOLES EN SURSIS ? >
 Topic Explorer  
IDRC Books
     New
     in_focus
     Development & evaluation
     Economics
     Environment & biodiversity
     Food/agriculture
     Health
     IT/communication
     Natural resources
     Science/technology
     Social/political sciences
    All our books

IDRC's 40th anniversary

Subscribe

Free Online Books

Free Online Books
 People
Bill Carman

ID: 27906
Added: 2003-04-15 12:39
Modified: 2004-10-30 23:55
Refreshed: 2012-02-10 19:06

Click here to get the URL for the RSS format file RSS format file

Chapitre 1. Caractéristiques de la zone des Niayes
Prev Document(s) 3 of 13 Next
Abdou Salam Fall, Safiétou T. Fall, Ibrahima Cissé, Aminata N. Badiane, Maty B. Diao et Cheikh Alassane Fall

Contexte géographique

La région des Niayes s’inscrit administrativement dans les quatre régions bordant la frange maritime du nord du pays : Dakar, Thiès, Louga et Saint-Louis ( voir figure 1 ). Elle s’étire sur une longueur de 180 km, et sa largeur varie de 5 à 30 km à l’intérieur des terres. Elle est généralement limitée dans sa partie intérieure par la route nationale Dakar-Saint-Louis. Elle constitue un milieu assez original caractérisé par des dunes et des dépressions souvent inondées par l’affleurement de la nappe phréatique et par un climat assez favorable. Ce milieu n’a pas manqué d’attirer la population et de donner également à la région toute sa vocation agronomique.



Figure 1. Situation de la zone des Niayes



Les facteurs climatiques

Inscrites dans la moitié sud de la zone sahélienne, les Niayes sont caractérisées par l’alternance de deux saisons annuelles : une saison humide concentrée sur trois mois ( juillet, août et septembre ) et une saison sèche qui dure les autres neuf mois.

Les précipitations sont dictées par la présence de la mousson en provenance du sud issue de l’anticyclone de Sainte-Hélène durant l’hivernage. Elles sont peu abondantes et dépassent rarement 500 mm par an dans la région de Dakar et 350 mm par an dans la partie nord des Niayes. Des précipitations qualifiées d’occultes et appelées heug, ou pluies des mangues, surviennent souvent en saison sèche, notamment durant la période froide ( décembre, janvier et février ). Ces précipitations issues d’intrusion de masses d’air polaire, irrégulières et peu abondantes, sont cependant d’une grande importance pour la pratique des cultures de contre-saison dans ce milieu ( Pereira Barreto, 1963 ).

La détérioration climatique consécutive au changement global du climat a entraîné une irrégularité interannuelle des précipitations, mais aussi une diminution des volumes précipités qui s’est traduite par un glissement remarquable des isohyètes vers le sud ( voir figure 2 ).



Figure 2. Les isohyètes

La région des Niayes bénéficie d’un microclimat assez particulier par rapport aux autres parties du pays qui s’intègrent dans les mêmes domaines climatiques qu’elle. Elle est caractérisée par des températures modérées influencées par la circulation des alizés maritimes soufflés par les courants froids des Açores. La température mensuelle moyenne la plus chaude oscille autour de 27,5C à Dakar et de 28,1C à Saint-Louis et survient en juillet et août. De novembre et à février, la température maximale est inférieure à 28C et la température minimale est inférieure à 18C sur la quasi-totalité de la grande côte.

Cependant, la présence de l’harmattan, faiblement ressentie dans cette partie du pays, élève la température à un maximum de 31C en mai et juin. La proximité de l’océan favorise le fort taux d’humidité relative qu’on peut noter dans ce milieu. Ainsi, l’humidité relative minimale est de 15 % dans les zones les plus éloignées de la mer ; dans les zones les plus proches, le taux d’humidité peut remonter jusqu’à 90 % à partir du mois d’avril.



La géomorphologie

La région des Niayes est caractérisée par des formations sédimentaires du quaternaire qui reposent sur des formations plus anciennes. Les formations antéquaternaires sont, pour l’essentiel, celles du secondaire et du tertiaire ( maestrichien, paléocène inférieur, éocène inférieur, lutétien inférieur et supérieur ). Les formations du quaternaire sont constituées d’un matériel sableux qui couvre la majeure partie du territoire sénégalais. Sur le littoral nord, ces formations se caractérisent par une succession de dunes d’âge, de textures et de couleurs différentes depuis la côte jusqu’à l’intérieur des terres. Trois systèmes dunaires prédominent ( voir figure 3 ) :





Figure 3. Géomorphologie de la zone littorale



  • Les dunes littorales, appelées également dunes blanches ou dunes vives à cause de leur mobilité, sont caractérisées par des plages de sable coquillier constamment repris par le vent. Leur origine remonte du subactuel à l’actuel ( 2 000 à 1 800 ans avant l’Actuel [ BP ] ). Elles présentent une couverture végétale faible essentiellement composée d’essences hallophyles à cause de la présence de l’embrun marin.

  • Les dunes jaunes ou dunes semi-fixées occupent l’arrière-plan des dunes vives. Par endroits, elles sont interrompues par des lacs, surtout dans la région de Dakar ( Retba, Mbeubeuss, Youi, Malika, etc. ) et de nombreuses mares temporaires dans la région de Thiès.

  • Les dunes rouges continentales, ou dunes intérieures, forment un important erg depuis le sud-ouest de la Mauritanie jusqu’à l’ouest du Sénégal. Elles sont constituées de sols rouges, appelés communément sols diors dans la terminologie locale. Leur origine daterait de l’ogolien ( 15 000 à 20 000 ans BP ), ce qui leur vaut l’appellation de dunes ogoliennes. La couverture végétale y est assez importante, formant même par endroits des savanes boisées.

La morphologie de la région des Niayes est complexe à micro-échelle : elle laisse apparaître plusieurs formes de reliefs allant des sommets dunaires, qui culminent entre 15 et 20 m, aux dépressions et couloirs interdunaires où affleure la nappe phréatique. Ces couloirs, vestiges d’anciennes vallées, sont en grande partie recouverts de nos jours par les systèmes dunaires. Ces dépressions et couloirs constituent les Niayes qui ont conféré leur nom à la région naturelle de la grande côte. Elles constituent d’anciennes vallées enserrées entre les systèmes dunaires. Les Niayes sont caractérisées par leur hydromorphie ; leur origine remonte aux périodes pluvieuses du quaternaire récent ( pluvial tchadien, 9 000 ans BP et nouakchottien, 5 500 ans BP ), période humide caractérisée par une stabilité climatique et une pédogenèse très poussée.

La pédologie

La pédologie est assez diverse du nord au sud. On détermine ainsi six types de sols dans la zone ( voir figure 4 ) :



Figure 4. Typologie des sols



  • les sols minéraux bruts d’apport qui caractérisent les dunes vives et se particularisent par leur pauvreté ou l’inexistence d’horizons humifères ;

  • les sols ferrugineux tropicaux non lessivés, qui constituent les dunes rouges, occupent la majeure partie de la région des Niayes. Ces sols sont pauvres en matière organique et sont sujets à l’érosion éolienne et aux eaux de ruissellement. Ils servent à la fois de terres de cultures vivrières, notamment mil et arachide, et de parcours pastoraux ;

  • les sols brun-rouge dans la partie nord-ouest de Louga et sud-est de Saint-Louis ;

  • les vertisols, situés dans la zone de Sébikotane ( plateau de Bargny ) et l’axe Somone-lac Tanma ;

  • les sols halomorphes, se situant souvent aux environs des lagunes côtières barrées par les cordons dunaires dans la partie sud des Niayes ( région de Dakar et Thiès ) et au niveau du delta du fleuve Sénégal ;

  • les sols minéraux à pseudo gley très déterminant dans les dépressions que constituent les Niayes. Ils sont riches en matière organique et, tout comme les vertisols, ils sont d’un grand intérêt dans la production agricole, particulièrement maraîchère.

Hydrologie et ressources hydrogéologiques

La zone des Niayes ne présente pas actuellement de véritables écoulements fluviaux. Cependant, sa morphologie laisse entrevoir l’existence d’anciennes vallées fluviatiles exoréiques perpendiculaires à la côte. On peut constater, néanmoins, la présence de nombreux lacs, notamment dans la région du Cap-Vert, qui furent occupés par la mer durant la transgression du nouakchottien ( exemples : Mbawan, Tanma, etc. ). De nos jours, bon nombre de ces lacs ont perdu de leur envergure et de leur importance. Vers le nord, notamment dans la région des Niayes centrales et septentrionales, n’existent actuellement que des mares dont la durée dans le temps et dans l’espace reste largement tributaire de la pluviométrie.

La dégradation persistante des conditions climatiques fait que les écoulements de surface deviennent de plus en plus rares. De nos jours, les ressources en eau dans les Niayes proviennent essentiellement de la nappe phréatique des sables quaternaires qui caractérisent ce milieu ( figure 5 ). La nappe des sables quaternaires est d’une importance capitale par ces multiples usages. En effet, elle est utilisée pour l’alimentation en eau de la population riveraine, particulièrement pour la ville de Dakar ( Martin, 1970 ), l’alimentation des animaux et, enfin, pour les besoins agricoles qui confèrent à la région toute son importance.



Figure 5. Ressources en eau : niveau de fluctuation de la nappe suivant les saisons



La végétation

La couverture végétale du Sénégal reste entièrement déterminée par les données climatiques. Ceci se traduit par un découpage du territoire en trois zones phytogéographiques : la zone sahélienne, la zone soudanienne et la zone guinéenne. Il existe cependant des nuances dans cette classification de la végétation en fonction du climat. En effet, la zone des Niayes, qui se trouve en plein milieu soudano-sahélien, se présente, du point de vue végétation, comme appartenant à la zone sub-guinéenne qui caractérise les régions du sud-ouest dans sa partie sud, notamment dans les régions de Dakar et Thiès.

La zone se présente comme une zone de végétation relique dont l’origine remonte aux périodes biostasiques du pluvial tchadien et de la transgression du nouakchottien. Ces périodes ont connu une remontée de la végétation à affinité guinéenne de 4 degrés vers le nord et une rétraction à chaque fois que la période est rhésistasique. Cet héritage des variations climatiques, qui a influencé la morphologie et la pédologie du milieu, a fait que la végétation de la région des Niayes est très diversifiée. En fonction de la topographie, de la nature pédologique et de la présence de l’eau, une végétation typique se profile.

Ainsi, dans la Niaye proprement dite, caractérisée par une présence quasi permanente de la nappe phréatique et des sols très humifères, domine l’espèce typiquement guinéenne qu’est Elaeïs guineensis qui marque la zone de contact entre le bas du système dunaire et la dépression. On remarque également une bonne représentation de Cocos nucifera. La strate herbacée est assez importante et est conditionnée par la topographie. Du centre de la dépression à sa marge externe, différentes espèces se déterminent sous l’influence de l’eau. On observe ainsi, au centre des dépressions, des espèces aquaphiles, en particulier la Nymphaea lotus, la Phragmites vulgaris et sur les marges, des espèces moins exigeantes en eau.

Dans le système de dunes rouges ogoliennes, dominent les espèces ligneuses comme la Parinaris macrophyla, l’Acacia albida, l’Acacia raddiana, l’Acacia seyal et la Balanites ægyptiaca plus présentes dans la partie septentrionale de la région des Niayes. Les strates arbustives et herbacées sont essentiellement composées d’euphorbiacées ( Euphorbia balsamiphera ), de combrétacées ( Guiera senegalensis, Combretum glutinosum, etc. ) et de graminées saisonnières ( Cenchrus biflorus, Andropogon sp, etc. ).

Sur le système de dunes jaunes et de dunes blanches, la végétation reste maigre, parfois même inexistante sur les dunes vives. En dehors de la végétation d’origine anthropique implantée dans le cadre du projet de fixation des dunes littorales, les rares espèces présentes sont la Opuntia tuna et la Maytenus senegalensis. Dans le cadre du projet de fixation des dunes, la Casuarina equisetifolia a été beaucoup utilisée.

De nos jours, la végétation de la région des Niayes connaît de sérieuses difficultés liées au contexte climatique actuel et à la croissance urbaine, surtout dans la région dakaroise. L’activité agricole nécessite de plus en plus d’espace pour assurer la sécurité alimentaire et favoriser l’exportation vers l’étranger des produits cultivés, particulièrement maraîchers, considérés comme une nouvelle source de croissance.

Contexte socio-économique

Les potentialités économiques de la zone des Niayes sont favorisées par les conditions physiques du milieu et la présence de grandes villes, notamment Dakar, Thiès, Louga et Saint-Louis. Cette région n’a cessé d’être un pôle de populations qui s’adonnent à diverses activités.

La population

En 1976, la zone des Niayes, avec les quatre régions qui la composent, comptait une population de 2 549 694 habitants sur un total national de 4 978 850 habitants. Au dernier recensement de la population du Sénégal ( 1988 ), cette zone représentait une population totale de 3 590 359 habitants, soit la moitié de la population du Sénégal ( 6 896 808 habitants ). On note donc une augmentation de 1 040 665 habitants en 12 ans, soit une population avec un temps de doublement de 25 ans et dont le taux de croissance est de 3 %.

Cette zone ( les quatre régions administratives ) couvre 40,9 % du territoire national et connaît une dynamique de population assez particulière par rapport au reste du pays. En effet, la forte croissance démographique ( voir tableau 1 ) s’explique à la fois par le fort taux de natalité, mais aussi et surtout par les flux migratoires ( 0,5 % Dakar ) venant de l’intérieur du pays et des États riverains : de nombreuses personnes sont en effet attirées par le développement économique de l’axe Dakar-Thiès et par des conditions naturelles favorables aux activités agricoles.

Tableau 1. Évolution de la population dans la région des Niayes de 1976 à 2015


La densité moyenne de population de cette région était de 44,6 habitants au km2 en 1988 et avoisinerait 62,5 habitants au km2 en 2000, ce qui reste au-dessus de la moyenne nationale ( densité de 35 habitants au km2 en 1988 et de 48 habitants au km2 en 2000 ). Il faut noter toutefois que ces moyennes cachent de grandes disparités interrégionales ( voir tableau 2 ) et intrarégionales. En effet, Dakar, qui concentre 23 % de la population nationale sur 0,3 % du territoire, présente une densité moyenne de 3 399 habitants au km2( 1994 ) ; dans ses banlieues, dont le département de Pikine, elle dépasse 10 500 habitants au km2.

Tableau 2. Densité de population par région administrative

Comparées aux autres régions du pays, les Niayes forment une zone de concentration d’individus. Ceci se traduit par une croissance urbaine assez importante qui pose de réels problèmes de survie des espaces réservés aux activités agropastorales, particulièrement dans la région de Dakar où le taux d’urbanisation est de 4 %.

Ce problème est d’autant plus important que les rares espaces naturels que constituent les Niayes dans la communauté urbaine de Dakar et qui servent, par ailleurs, de zone d’exploitation maraîchère, notamment pour la production de légumes verts et feuilles, sont menacés par l’habitat. Les meilleurs exemples demeurent de nos jours la mise sur pied du futur technopole, la construction de HLM et de la cité de l’UNACOIS près de l’autoroute, sans parler des remblaiements à titre individuel dans les zones de Thiaroye, Yeumbeul et Pikine.

Cette pression démographique, sans cesse croissante, constitue une menace sérieuse pour l’avenir des zones de culture, particulièrement en milieu urbain et périurbain, notamment dans la région de Dakar. En outre, la gestion des ordures ménagères et des effluents domestiques et industriels pose des problèmes importants et expose la population à des risques sanitaires.

Les activités socio-économiques

La zone des Niayes est de loin la première région économique du Sénégal. Si, dans la région de Dakar, dominent le secteur industriel et le secteur tertiaire, il n’en demeure pas moins que l’agriculture et l’horticulture restent des activités importantes. La pêche occupe également une place privilégiée avec d’importants centres de débarquement traditionnels ( Kayar, Fass Boye, Lompoul ). La population qui s’adonne à cette activité dans la zone agro-écologique des Niayes compte 18 686 personnes et produit 109 479 tonnes, ce qui représente une valeur de 11,8 milliards de francs CFA ( Konté M. et al., 1995 ). Les activités connexes à ce secteur ( mareyage, transformation, maintenance et transport ) sont importantes et créatrices d’emplois.

L’extraction minière est très présente dans la zone, notamment avec les mines de phosphate dans la région de Thiès, l’extraction du sel au lac Rose de Niaga et les carrières de coquillages dans le Gandiolais. L’exploitation de la tourbe est encore latente, même si la région offre de grandes potentialités.







Prev Document(s) 3 of 13 Next



   guest (Read)(Ottawa)   Login Home|Careers|Copyright and Terms of Use|General Infomation|Contact Us|Low bandwidth